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Darfour: un opposant questionné pour avoir accusé de viols une force paramilitaire

15/05/2014 02:46 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

Un chef de l'opposition soudanaise a été questionné par la Cour de sécurité d'Etat jeudi après une plainte du service des renseignements lui reprochant d'avoir accusé une force paramilitaire de "viols" dans la région du Darfour en proie aux violences.

Le Service national de renseignement et de sécurité (NISS) a porté plainte mardi contre Sadek al-Mahdi, chef du parti Oumma, pour avoir selon lui accusé les Rapid support forces (RSF) d'avoir pillé et incendié des villages et commis des viols au Darfour, dans l'ouest du pays.

M. Mahdi, qui était Premier ministre quand le président Omar el-Béchir a mené son coup d'Etat en 1989, s'est présenté devant la Cour aux côtés de plusieurs avocats et accompagné d'une centaine de partisans, a constaté un journaliste de l'AFP. L'interrogatoire a duré une quarantaine de minutes.

Aucune charge officielle ne pèse encore contre M. Mahdi, dans l'attente d'une enquête plus détaillée, a expliqué à l'AFP Nabil Adieb, l'un de ses avocats.

Le NISS, autorité de tutelle des RSF, a accusé M. Mahdi d'avoir délivré de fausses informations surtout en affirmant que des "non-Soudanais" se battaient dans les rangs des RSF, et de saper ainsi le prestige de l'Etat.

La plainte du NISS intervient alors que le parti de M. Mahdi, ainsi que d'autres mouvements d'opposition, sont engagés dans un "dialogue national" avec le gouvernement. Or les services de renseignement sont contre ce processus, selon un opposant.

Des chefs des RSF ont rejeté mercredi comme des "allégations mensongères" les accusations d'abus à leur encontre. "Nous n'avons pas pillé. Nous n'avons pas brûlé de village. Nous n'avons pas commis de viol", a affirmé l'un d'eux lors d'une conférence de presse à Khartoum.

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