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Couillard laisse planer le doute sur l'avenir de Julie Boulet au PLQ

15/05/2014 11:22 EDT | Actualisé 15/07/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Philippe Couillard a enfoncé un autre clou jeudi dans la crédibilité de sa députée Julie Boulet.

À son tour, le premier ministre a contredit l'ex-ministre des Transports qui a prétendu la veille devant la Commission Charbonneau qu'elle ignorait tout de l'objectif de financement de 100 000 $ imposé aux ministres sous l'égide de Jean Charest.

Sans détour, le chef du PLQ a affirmé que les élus étaient au fait des objectifs fixés par les responsables du parti.

«Comme dans tous les partis politiques, les gens connaissaient les objectifs de financement», a-t-il dit en point de presse à l'entrée d'une réunion des députés libéraux.

M. Couillard se souvient que des membres de «la direction du parti» venaient communiquer les objectifs de financement lors de réunions du caucus, mais il ne se rappelle pas d'y avoir vu l'homme d'affaires Marc Bibeau, grand argentier du PLQ et ami personnel de M. Charest.

En corrigeant les affirmations de Mme Boulet, le chef libéral ajoute sa voix à celles de nombreux parlementaires libéraux, dont le ministre du Travail, Sam Hamad, le premier à avoir réfuté le témoignage de sa collègue, mercredi.

Si les objectifs financiers étaient connus au cabinet, l'information a pu échapper à Mme Boulet, a soulevé la ministre des Relations internationales, Christine St-Pierre.

«Ça se peut qu'elle ne le sache pas (qu'il y avait un objectif de financement de 100 000 $) mais moi, je le savais et d'autres le savaient», a-t-elle fait valoir.

Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, a lui aussi évité d'accabler la députée de la Mauricie, estimant qu'elle avait livré un témoignage «honnête» devant la Commission Charbonneau.

«Parfois un ministre ne s'intéresse pas à ces notions-là», a-t-il dit à propos des questions de financement. Il a reconnu du même souffle que la commande était très claire du temps où M. Charest était à la barre du PLQ.

«À l'époque, j'étais ministre (de la Santé), mon objectif était de 100 000 $», a-t-il reconnu.

Il semble néanmoins que Mme Boulet n'était pas la seule dans le caucus libéral à ignorer les impératifs de financement.

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a juré qu'il n'avait jamais été soumis à quelque directive que ce soit en matière de collecte de fonds.

«J'ai assisté au conseil des ministres à compter de 2008 comme whip d'abord et après comme ministre et jamais, jamais, on m'a demandé une contribution ou d'atteindre un objectif à 100 000 $», a-t-il insisté.

Pour M. Moreau, ceux qui affirment que les exigences de financement étaient connues, parmi lesquels figure le premier ministre, ne parlent que pour eux-mêmes.

«Dans ce genre de situation, chacun doit parler pour soi. Dire que 'tout était connu et que c'était pour tout le monde' est le genre de déclaration qui ne fait qu'apporter de la confusion», a-t-il analysé.

Quant à M. Couillard, il n'a pas voulu commenter le témoignage sous serment de Mme Boulet, préférant attendre le rapport de la Commission Charbonneau «avant de juger».

«Je n'irai pas dans les détails du témoignage, je dirais qu'on va attendre, avant de juger les gens, que les témoignages soient complétés et que la commission ait fait son travail et produit son rapport», a-t-il dit. Quant à l'avenir de Mme Boulet au sein du caucus, le premier ministre est resté prudent.

«Actuellement, elle demeure membre du caucus», s'est-il limité à dire.

Mais la nouvelle ministre de la Famille, Francine Charbonneau, a été beaucoup plus prompte à tirer des conclusions sur le témoignage de sa collègue.

Elle a déclaré devant les journalistes que Mme Boulet «avait des décisions à prendre».

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