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Arrestation en Afrique du Sud d'un pasteur congolais ayant fui Kinshasa

15/05/2014 05:07 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

Le pasteur congolais Joseph Mukungubila Mutombo, dont des adeptes ont mené des attaques en décembre dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo (RDC), a été arrêté jeudi en Afrique du Sud où il est demandeur d'asile, a-t-on appris auprès de son avocat.

"Il a été arrêté chez lui à Mondeor (banlieue sud de Johannesburg, ndlr) où il vit avec sa famille. Pour quels motifs je n'en sais rien, c'est ce que je tente de savoir", a indiqué à l'AFP Ashraf Essop, l'avocat sud-africain que M. Mukungubila a sollicité pour déposer sa demande d'asile en Afrique du Sud à son arrivée dans ce pays en janvier.

"Les policiers sont arrivés vers 06h00 du matin (04h00 GMT). Ils ont escaladé la clôture de sécurité, ils étaient très nombreux et lourdement armés", a précisé M. Essop, qui a été prévenu par l'épouse du pasteur. Son client, âgé d'une cinquantaine d'années, doit être présenté dans la journée devant un tribunal de Johannesburg.

Selon une association de défense des réfugiés en Afrique du Sud, Refugee SA, les policiers sud-africains n'ont pas présenté de mandat d'arrêt mais indiqué agir sur mandat d'Interpol en vue d'une extradition vers la RDC.

"Ils ne peuvent pas l'extrader, c'est illégal car il bénéficie d'une protection provisoire et a le droit de rester dans le pays", a réagi son avocat. Selon lui, la demande d'asile a été faite en bonne et due forme, et son client "a reçu un récepissé".

"Nous sommes allés à quatre reprises chercher le résultat de sa demande, et à chaque fois on nous a dit de revenir", a-t-il ajouté.

Contacté par l'AFP, le ministère congolais de l'Intérieur à Kinshasa a indiqué dans un premier temps ne pas être au courant de cette arrestation.

Le pasteur congolais Joseph Mukungubila Mutombo est accusé par les autorités de Kinshasa d'être derrières les attaques coordonnées ayant visé le 30 décembre plusieurs points stratégiques de Kinshasa et d'autres villes de la RDC.

Selon le gouvernement congolais, une centaine de personnes ont péri ce jour-là dans les violences liées à cet apparent coup d'Etat --aux circonstances toujours troubles plus de quatre mois après les faits-- et à sa répression brutale par les forces de l'ordre.

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