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Vietnam: des foules en colère attaquent des usines étrangères

14/05/2014 09:14 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

HANOI, Vietnam - Des foules antichinoises ont attaqué et incendié une quinzaine d'usines étrangères dans le sud du Vietnam, ont indiqué mercredi des responsables et la presse officielle.

La colère face à Pékin est à son plus vif au Vietnam, depuis que la Chine a déployé une plateforme de forage dans des eaux réclamées par plusieurs pays en mer de Chine méridionale.

Les émeutes qui ont éclaté dans des parcs industriels créés près de la ville de Ho Chi Minh pour attirer les investissements étrangers sont les pires violences à survenir depuis des années dans ce pays étroitement contrôlé.

Quelque 20 000 personnes ont manifesté dans des parcs industriels de la province de Binh Duong­. Des foules plus petites ont ensuite attaqué des usines qu'elles croyaient chinoises mais qui étaient, dans les faits, parfois taïwanaises ou sud-coréennes, a indiqué au site Internet VnExpress le directeur adjoint du comité populaire de la province, Tran Van Nam.

Environ 440 personnes ont été arrêtées.

Mercredi matin, des groupes d'hommes à bord de motocyclettes patrouillaient toujours les rues et les usines demeuraient fermées, selon le gérant d'un des parcs. Des policiers antiémeute avaient aussi été déployés dans la région, ce qui n'a pas empêché des pillards de sévir.

Un autre responsable a indiqué que des usines étrangères avaient affiché des bannières proclamant leur solidarité avec le Vietnam. On a demandé à celles qui n'avaient pas encore fermé leurs portes de bien vouloir le faire temporairement.

«La situation est maintenant sous contrôle», a dit M. Nam.

M. Nam a expliqué que les manifestations de mardi étaient tout d'abord pacifiques, mais qu'elles ont ensuite été détournées par des «extrémistes» qui ont incité la foule à attaquer les usines. Une quinzaine d'usines auraient ainsi été incendiées pendant que des dizaines d'autres étaient vandalisées. Des gardes de sécurité et des experts «étrangers» auraient aussi été rudoyés.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a lancé une mise en garde aux Chinois qui comptent se rendre au Vietnam.

La compagnie taïwanaise Yue Yuen — qui fabrique des chaussures pour Nike, Adidas et Reebok — a annoncé la fermeture de trois installations près de Ho Chi Minh Ville, par mesure de précaution. «Nous croyons que ça devrait être résolu très bientôt, qu'il revient au gouvernement de gérer la situation», a dit le porte-parole Jerry Shum.

Le gouvernement de Singapour, qui gère deux parcs industriels frappés par les émeutiers, a demandé au Vietnam «d'intervenir immédiatement pour rétablir la loi et l'ordre (...) avant que la situation sécuritaire ne se détériore et que la confiance des investisseurs soit minée».

Un gardien de sécurité a révélé que des pillards ont attaqué son usine et qu'ils ont emporté tous les objets de valeur, comme des ordinateurs. «On dirait que toute la zone industrielle a été frappée par un typhon», a-t-il dit.

Le ton monte entre les deux pays depuis que la Chine a installé, le 1er mai, une plateforme de forage près des îles Paracel, qui sont contrôlées par Pékin mais revendiquées par Hanoï. La Chine a décrété une zone d'exclusion de 16 kilomètres autour de la plateforme, et des navires chinois et vietnamiens ont eu des altercations musclées au cours des derniers jours.

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