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Thaïlande: deux morts et 24 blessés dans une attaque à la grenade contre les manifestants en plein Bangkok

14/05/2014 11:30 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

Deux personnes ont été tuées et 24 blessées dans l'attaque à la grenade jeudi en plein Bangkok d'un camp d'opposants au gouvernement thaïlandais, faisant craindre de nouvelles violences dans cette monarchie constitutionnelle en crise.

Après des semaines d'accalmie, ce regain de violence survient alors que l'opposition se targue d'être dans sa dernière ligne droite contre le gouvernement intérimaire, une semaine après la destitution de la Première ministre Yingluck Shinawatra.

Les Chemises rouges, puissant mouvement rassemblant les partisans du gouvernement, nombreux parmi la population rurale du nord et du nord-est du pays, a mis en garde l'opposition contre un risque de guerre civile si elle s'obstinait à vouloir faire tomber ce qui reste du cabinet.

Les deux nouvelles victimes de jeudi portent à 27 le nombre de morts depuis six mois, le plus souvent lors de tirs d'origine inconnue, dont les deux parties s'accusent. Tous deux comptent des extrémistes prônant la violence.

Ces attaques depuis six mois ont également fait des centaines de blessés, la plupart par balles ou explosion de grenades.

Deux grenades M79 ont été lancées tôt jeudi matin (03H00 locales, 20H00 GMT) sur un camp de manifestants près du Monument de la Démocratie, un des lieux de rassemblement emblématiques des opposants au gouvernement. Des tirs ont suivi.

"La première victime est un manifestant qui dormait au Monument de la Démocratie. La deuxième est un garde qui a succombé à ses blessures par balles", a déclaré à l'AFP Wallop Prathummuang, responsable de la police.

Le centre de secours Erawan a précisé qu'outre les deux morts, l'attaque, survenue en plein quartier touristique, non loin de la zone des ministères et du siège du gouvernement, avait fait 24 blessés.

Les manifestants d'opposition, qui campent sur plusieurs sites de Bangkok, notamment devant le siège du gouvernement, réclament la nomination d'un Premier ministre "neutre" par le président du Sénat (connu pour son opposition au parti au pouvoir), faute d'avoir réussi jusqu'ici à faire bouger les militaires en faveur d'un coup d'Etat.

Ces nouveaux morts risquent d'aggraver un peu plus le fossé en Thaïlande entre opposants et partisans du gouvernement.

Les manifestants ne reconnaissent pas le Premier ministre par intérim, proche de Yingluck et de son frère Thaksin, et refusent les législatives du 20 juillet.

Suthep Thaugsuban, le meneur des manifestants, tente de convaincre le Sénat d'invoquer l'article 7 de la Constitution pour demander au roi d'accepter la nomination d'un gouvernement "neutre".

Mais les débats autour de la légalité de ce recours à l'article 7, ambigu, sont vifs.

Et le Premier ministre intérimaire, Niwattumrong Boonsongpaisan, assure qu'il a la loi avec lui, dans l'attente de la nomination d'un Premier ministre après les législatives.

Aujourd'hui en exil, l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra avait été renversé par un coup d'Etat en 2006. Mais il continue à diriger le pays à distance selon ses détracteurs, qui veulent sortir du jeu politique le "clan Shinawatra".

Selon les analystes, les manifestants sont soutenus par les élites royalistes, qui considèrent le "clan Shinawatra", vainqueur de toutes les législatives depuis 2001, comme une menace pesant sur la monarchie, alors que le roi de Thaïlande est âgé de 86 ans.

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