NOUVELLES

L'Ukraine déclenche des pourparlers sans inviter ses principaux rivaux

14/05/2014 03:29 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Le gouvernement de l'Ukraine a lancé des pourparlers, mercredi, sur la décentralisation du pouvoir dans le cadre d'un plan appuyé par l'Europe, mais n'a pas invité ses principaux rivaux, les insurgés prorusses qui ont déclaré l'indépendance dans l'est du pays.

Cette omission volontaire n'a pas permis de préciser si les négociations pourraient aider à apaiser les tensions dans l'est.

Dans ses remarques initiales, le président par intérim Olexandre Tourtchinov a déclaré que les autorités étaient «prêtes pour un dialogue», mais il a ajouté qu'elles ne discuteront pas avec les tireurs prorusses qui ont pris le contrôle d'édifices et pris part à des affrontements contre les troupes gouvernementales dans l'est de l'Ukraine.

En fait, M. Tourchinov a averti que des procédures judiciaires seront intentées contre «ces gens armés qui tentent de mener une guerre contre leur propre pays, de dicter leur volonté, ou plutôt celle d'un autre pays».

Les insurgés dans l'est ont qualifié cette table ronde de «sans importance».

Denis Pushilin, un leader des insurgés dans la ville de Donetsk, a confirmé n'avoir reçu aucune offre pour prendre part au dialogue. «Si les autorités à Kiev veulent un dialogue, elles devront venir ici. Si nous allons à Kiev, elles vont nous arrêter», a-t-il dit.

Invité à préciser si les insurgés seraient prêts à participer à un dialogue si celui-ci devait se tenir dans l'est, M. Pushilin a confié à l'Associated Press que les «pourparlers avec les autorités de Kiev ne pourraient que porter sur un sujet: la reconnaissance de la République populaire de Donetsk».

M. Tourtchinov a dirigé la première d'une série de rencontres avec des leaders spirituels, des législateurs, des membres du gouvernement et des représentants régionaux, dans le cadre d'un plan conçu par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), une organisation qui regroupe aussi la Russie et les États-Unis.

L'Ukraine vit actuellement une profonde division entre les citoyens vivant dans l'ouest, qui demandent des relations plus étroites avec l'Europe, et la population de l'est, dont les traditions et le langage la rapprochent davantage de la Russie.

Le premier ministre par intérim Arseni Iatseniouk a précisé aux participants que des discussions auront lieu partout au pays, «dans autant de régions que possible», mais n'en a nommé aucune.

PLUS:pc