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L'américaine Sears Holdings songe à vendre ses activités canadiennes

14/05/2014 06:59 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

TORONTO - Le détaillant américain Sears songe à vendre ses activités canadiennes en difficultés, ce qui entraînerait vraisemblablement la fermeture de ses magasins au pays et favoriserait l'arrivée d'un nouveau détaillant sur le marché.

Sears Holdings, établie à Chicago, a indiqué mercredi par voie de communiqué qu'elle envisageait certaines possibilités stratégiques relativement à sa participation de 51 pour cent dans Sears Canada et que celles-ci pourraient comprendre sa vente.

Même si Sears Canada a fait connaître son intention de collaborer dans le cadre de ce processus — et a soutenu que les discussions n'auraient aucun impact sur le fonctionnement de ses magasins —, des observateurs croient que cela annonce le début de la fin.

«Je ne suis pas certain de la survie de la bannière Sears au Canada, parce que je doute que quiconque veuille acheter les activités en exploitation, qui sont sous-financées», a noté Mark Satov, le fondateur de Satov Consultants à Toronto.

«Il y a probablement des gens d'une autre catégorie d'âge qui ont l'habitude de se rendre (chez Sears) et à qui cela manquera jusqu'à un certain point, tout comme des gens s'ennuient de l'époque où ils allaient au restaurant du Zellers et y prenaient leur café chaque jour depuis que Zellers est devenu Target. Mais au-delà de ça, je ne pense pas que la compagnie a un impact.»

Sears Canada continue de mettre en oeuvre un plan de redressement de trois ans et a déjà cédé les baux de certains de ses meilleurs emplacements à Nordstrom, une chaîne de magasins luxueux à grande surface. Sears Canada a aussi annoncé la mise à pied de 2200 employés depuis janvier, en plus des milliers qui avaient été remerciés l'an dernier.

Mais dans un marché qui a tendance à cibler soit les acheteurs de produits de luxe ou les chasseurs d'aubaines, Sears Canada n'a pas su se positionner auprès de la classe moyenne.

L'action de Sears Canada a avancé mercredi de 54 cents, soit 3,4 pour cent, pour clôturer à 16,30 $ à la Bourse de Toronto, tandis que celle de sa société mère a clôturé en baisse de 2,53 $ US, soit 5,9 pour cent, à 40,70 $ US sur le Nasdaq.

Selon M. Sativ, une partie du problème de Sears réside dans le fait d'avoir été acheté par un financier qui a retiré des fonds de la compagnie plutôt que de les y réinvestir.

«Deux chefs de la direction ont démissionné parce qu'ils voulaient faire quelque chose avec la compagnie, alors que Chicago répétait: 'Non, non, envoyez l'argent'. On ne peut pas faire ça éternellement», a-t-il expliqué.

Le porte-parole de Sears Canada, Vincent Power, a affirmé que l'annonce de mercredi n'était qu'une question de propriété qui n'affecterait pas les activités des magasins canadiens.

«Nous continuons à servir les familles du Canada d'un océan à l'autre dans nos magasins et nos canaux directs», a affirmé M. Power par courriel.

De l'avis de l'analyste Keith Howlett, de Valeurs mobilières Desjardins, certains détaillants américains qui pourraient être intéressés à percer le marché canadien, tels que Macy's ou Kohl's, pourraient avoir un oeil sur les magasins de Sears. Des sociétés canadiennes comme la Compagnie de la Baie d'Hudson pourraient en outre vouloir bloquer ces éventuels nouveaux venus en s'emparant de ces emplacements.

M. Howlett croit aussi que les magasins canadiens de Sears pourraient intéresser des propriétaires importants ou des groupes de régimes de retraite ou de placement privé.

L'actif le plus attrayant de la compagnie pourrait toutefois être son site internet, qui s'en est plutôt bien sorti au cours des dernières années, a mentionné M. Satov.

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