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Lac-Mégantic: accusés menottés, la ministre de la Justice évoque des raisons de sécurité

14/05/2014 01:01 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT
PC

QUÉBEC - La «mise en scène» entourant la comparution des accusés de la tragédie de Lac-Mégantic contribue à détourner l'attention des véritables coupables, a déclaré mercredi le député Amir Khadir, de Québec solidaire.

M. Khadir a affirmé qu'il était choqué par la façon dont trois employés de la société de transport ferroviaire Montreal, Maine and Atlantic (MMA) ont été traités mardi.

«Je pense qu'on ne peut pas tolérer qu'on fasse porter tout le blâme sur trois ouvriers, a-t-il dit lors d'un point de presse. C'est impossible.»

Les trois hommes ont comparu mardi dans une salle de tribunal aménagée temporairement dans un centre sportif de Lac-Mégantic, où le palais de justice est situé dans une zone contaminée à la suite du déraillement d'un train, une tragédie qui a fait 47 morts l'été dernier.

Les accusés sont arrivés menottés et ils ont été contraints de défiler devant la population locale massée en face de l'édifice, une façon de procéder qui a suscité des critiques.

Selon M. Khadir, ce «cirque» accentue la perception que la justice s'attaque aux plus faibles alors que les dirigeants de l'entreprise et du gouvernement sont à l'abri des procédures.

«J'ai été choqué, comme beaucoup de gens, comme nombre aussi des citoyens de Mégantic, a-t-il dit. Je me serais attendu à voir là le ministre fédéral qui avait décidé de réduire les critères de sécurité sur les chemins de fer canadiens, de le voir menotté et emmené devant le juge. Je me serais attendu à ce que ça soit le président de cette compagnie à qui on réserve ça, et là on a décidé de s'attaquer à trois employés qui répondaient aux ordres.»

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a évoqué mercredi des raisons de sécurité pour expliquer la comparution d'accusés menottés dans le cadre des procédures judiciaires.

Cette décision a été prise par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a déclaré Mme Vallée dans un bref échange avec la presse parlementaire, avant une réunion du conseil des ministres.

«Le DPCP a des choix qui lui sont propres, a-t-elle dit. Il y a la sécurité aussi des gens qui sont accusés et il y a des décisions qui ont été prises.»

La ministre a souligné l'importance d'assurer l'accessibilité à la justice pour la population éprouvée par la tragédie causée par le déraillement d'un convoi de wagons citernes remplis de pétrole qui a mis le feu au centre-ville de Lac-Mégantic, dont certaines zones demeurent contaminées.

«Il y a une volonté d'avoir les dossiers qui se passent sur les lieux, a-t-elle dit. Si, par exemple, le processus s'était effectué à Sherbrooke, on aurait certainement eu des commentaires à l'effet qu'on était loin des gens.»

Mme Vallée a reconnu que les lieux physiques choisis pour les procédures judiciaires pourraient nécessiter des aménagements.

«C'est certain qu'il faut s'assurer, comme dans tous les cas d'accessibilité à la justice, qu'on puisse avoir des procès sur les lieux physiques, a-t-elle dit. Maintenant, est-ce qu'il faudra aménager de façon un petit peu plus appropriée? On se penche sur la question.»

Les trois employés de MMA ont été remis en liberté, mardi, après avoir été accusés de 47 chefs de négligence criminelle ayant causé la mort — un pour chaque victime du drame ferroviaire du 6 juillet dernier.

Thomas Harding, 53 ans, de Farnham, était l’ingénieur du train impliqué dans l’accident; Richard Labrie, 55 ans, de Saint-Jean-sur-Richelieu, un employé syndiqué lui aussi, agissait comme remplaçant au poste cadre de répartiteur; Jean Demaître, 50 ans, de Marieville, était directeur des opérations de MMA au Québec.

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