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«Grace of Monaco» en première mondiale à Cannes

14/05/2014 12:57 EDT | Actualisé 14/05/2014 12:59 EDT
Arthur Mola/Invision/AP
Actor Nicole Kidman during a photo call for Grace of Monaco at the 67th international film festival, Cannes, southern France, Wednesday, May 14, 2014. (Photo by Arthur Mola/Invision/AP)

Nicole Kidman: «J’ignore si un jour j’atteindrai un sommet artistique et émotionnel en même temps.»

CANNES — Dans une robe blanche moulant sa silhouette longiligne et dénudant partiellement ses épaules, blanches elles aussi, Nicole Kidman s’est présentée mardi devant une presse mondiale plus ou moins conquise par Grace of Monaco, projeté en ouverture du Festival de Cannes.

L’actrice d’origine australienne y campe la regrettée Grace Kelly à une période charnière de sa vie. Nous sommes en 1961, six ans après son mariage avec le prince Rainier. À l’heure où la princesse remet en question son rôle et son statut, Alfred Hitchcock lui propose de faire un retour au cinéma dans son prochain film, Marnie. Rainier (Tim Roth) vient pour sa part de s’engager dans un bras de fer diplomatique avec le président français Charles De Gaulle, qui voudrait soumettre la principauté à la loi de l’impôt et ainsi financer la guerre en Algérie.

Nicole Kidman ne tarit pas d’éloges sur celle qu’elle a incarnée. «À un très jeune âge, Grace Kelly était déjà une mégastar de cinéma et avait remporté un Oscar. Elle a décidé de tout laisser par amour et par envie de fonder une famille. Je pense que c’est un acte de bravoure», dit celle qui n’hésiterait pas un seul instant à faire le même sacrifice.

«L’amour est l’émotion la plus fondamentale qui soit. Le soir où j’ai remporté l’Oscar [pour son incarnation de l’écrivaine Virginia Woolf dans le film Les heures], je me souviens d’être rentrée à la maison après la cérémonie en me disant que l’amour manquait dans mon existence. Je vivais une période d’intense solitude à l’époque. Curieusement, les hauts les plus hauts dans ma vie ont toujours été accompagnés par les bas les plus bas. Ça m’a toujours peinée. J’ignore si un jour j’atteindrai un sommet artistique et émotionnel en même temps.»

Dénoncé comme un tissu de mensonges par la famille Grimaldi de Monaco, qui a bruyamment boycotté la première et le tapis rouge, le film d’Olivier Dahan (La vie en rose) prend ses aises avec la vérité historique, même si, du point de vue de son réalisateur «quasiment tout est vrai.» Hitchcock ne s’est pas rendu à Monaco pour convaincre Kelly, il lui a proposé le rôle au téléphone. De Gaulle n’est pas non plus allé au bal de la Croix Rouge, point d’orgue du film où il apparaît parmi les plus hauts dignitaires européens. «Je fais du cinéma, plaide Olivier Dahan, l’air circonspect sous une volumineuse casquette noire. J’avais donc besoin que les personnages se retrouvent dans le même plan. Ça devient physique. De toute manière, je ne recherchais pas la vérité factuelle. Je voulais toucher au coeur en me servant de l’intuition, imaginer comment pouvait se sentir Grace Kelly dans une situation donnée.»

Kidman se dit pour sa part attristée par cette mauvaise publicité, qui porte ombrage au long métrage: «Le film n’est aucunement malicieux vis-à-vis la famille Grimaldi. Oui, des libertés ont été prises. Mais le film contient l’essence de la vérité. Si jamais ils [les enfants de Grace et Rainier] voient le film, ils vont comprendre l’affection et le respect qui nous animaient en le faisant».

Elle en veut pour preuve une séquence inventée par Dahan, dans laquelle Grace répète des scènes de Marnie devant son miroir, seule dans sa chambre, dévorée par le doute quant à ses capacités de jouer. «J’ai fait ça, moi aussi. Il y a toujours des couches de sens qui se superposent quand une actrice joue une autre actrice. J’ai vu des correspondances entre sa vie et la mienne. Quoique de toute évidence, dit-elle en pouffant de rire devant sa formule présomptueuse, je n’ai pas épousé un prince.»

Grace of Monaco sortira au Québec à l’automne.

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