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Cinéma: ouverture mercredi du Festival de Cannes qui prendra fin le 25 mai

14/05/2014 07:27 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

CANNES, France - Le mélodrame sur la vie de Grace Kelly, «Grace of Monaco» («Grace de Monaco») a lancé, mercredi, le 67e Festival de Cannes.

Le long métrage, mettant en vedette Nicole Kidman dans la peau de Grace Kelly, épouse du prince Rainier III de Monaco (Tim Roth), a donné au festival une couleur locale et le glamour de ses stars hollywoodiennes, mais a lancé l'événement de 11 jours sur une note tumultueuse.

«Grace of Monaco» a été au coeur d'une querelle en lien avec son montage final, critiqué par le distributeur nord-américain Harvey Weinstein. Le film a également été critiqué par la famille royale de Monaco, qui lui reproche des inexactitudes.

Le film, qui raconte la période où Kelly quitte Hollywood et doit s'ajuster à sa nouvelle vie de princesse européenne, est décrit comme étant «un récit fictif inspiré par des événements réels».

Le réalisateur Olivier Dahan («La vie en rose») et Harvey Weinstein ont cependant balayé leurs différends sous le tapis rouge, mercredi. Après avoir repoussé sa sortie américaine à deux reprises, Weinstein distribuera finalement la version de Dahan.

«Il n'existe qu'une version du film», a déclaré Dahan, ajoutant que les décisions sur tout autre changement se prendront de façon mutuelle. «Il n'y a plus de dispute. Nous travaillons bien ensemble.»

Mais «Grace of Monaco» a fait face à quelques-unes des pires critiques jamais adressées à un film d'ouverture de Cannes après avoir été projeté pour la presse, tôt mercredi. Le Hollywood Reporter a qualifié le film de «rigide», ajoutant qu'il «a attiré plus l'attention derrière l'écran que devant».

Nicole Kidman semblait malgré tout heureuse de son rôle, interprétant une actrice qu'elle admire. Elle a cependant reconnu que le refus de la princesse Stéphanie de Monaco de voir le film sur ses parents était «gênant».

«Je suis triste parce que je crois que le film n'a pas été fait par malice envers la famille, a expliqué l'actrice. Il faut prendre certaines libertés dramatiques, parfois, mais je comprends aussi parce qu'il s'agit de sa mère et son père.»

Le jury du festival, qui décernera la prestigieuse Palme d'Or, est présidé par Jane Campion et a été présenté à la foule mercredi. À titre de seule cinéaste féminine à avoir remporté la Palme (pour «The Piano» («La leçon de piano») en 1993), Campion a dû répondre à des questions ayant souvent été posées à Cannes au sujet de l'inclusion de réalisatrices.

«Je crois que l'on peut dire qu'il y a un sexisme inhérent à l'industrie», a-t-elle lancé.

Sur les quelque 1800 films soumis au directeur du festival Thierry Frémaux, Campion affirme que seulement 7 pour cent ont été réalisés par des femmes, bien que 20 pour cent d'entre eux soient représentés dans la programmation.

«Malgré tout, ça semble très peu démocratique», a dit la présidente du jury, ajoutant que la perspective féminine brille par son absence au cinéma.

L'an dernier, la Palme d'Or a été remise à la fable érotique française «La vie d'Adèle». Pour une première fois, le jury présidé par Steven Spielberg avait remis la Palme non seulement au réalisateur Abdellatif Kechiche, mais aussi aux deux vedettes du film, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux.

Cette année, la sélection officielle de 18 films fait peu de place à Hollywood mais beaucoup aux réalisateurs de cinéma d'auteur connus sur la scène internationale, dont Jean-Luc Godard, Ken Loach, les frères Dardenne, Mike Leigh et Michel Hazanavicius, qui retournera où son film «L'Artiste» avait fait sensation.

Deux films ont été tournés par des réalisateurs américains: «Foxcatcher» de Bennett Miller, mettant en vedette Channing Tatum et Steve Carell; et le western «The Homesman», deuxième film de Tommy Lee Jones.

Les cinéastes canadiens seront plus nombreux que leurs voisins du sud, avec la présence de Xavier Dolan («Mommy»), David Cronenberg («Maps to the Stars») et Atom Egoyan («The Captives»).

Bien que «Grace of Monaco» ne soit pas admissible à la Palme d'Or, Nicole Kidman (membre du jury l'an dernier) affirme qu'elle l'aurait choisi.

«Ce que je donnerais à ce film?», a déclaré Kidman en souriant. «Voyons! La Palme d'Or!»

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