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Chine: un haut dirigeant de GSK accusé d'avoir ordonné le versement de pots-de-vin (média)

14/05/2014 06:02 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

Les autorités chinoises accusent un haut dirigeant du géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline (GSK) d'avoir personnellement ordonné le versement de multiples pots-de-vin, selon les conclusions d'une enquête de dix mois rapportées mercredi par la presse officielle.

Selon la police de la métropole de Changsha (centre), Mark Reilly, ancien responsable des opérations de GSK en Chine, "a enjoint à ses équipes de commerciaux de verser des pots-de-vin à des hôpitaux, des médecins et des organisations médicales", afin de doper les ventes du groupe, générant des milliards de yuans de "revenus illégaux", a indiqué l'agence Chine nouvelle.

M. Reilly et deux autres hauts dirigeants du groupe, Zhang Guowei et Zhao Hongyan, auraient également soudoyé des cadres gouvernementaux à Pékin et à Shanghai, a poursuivi le média d'Etat.

La police de Changsha ayant rendu ses conclusions, l'affaire est désormais entre les mains de la justice, a précisé l'agence.

"Nous prenons extrêmement au sérieux ces accusations, qui nous inquiètent profondément et concernent (des pratiques) tout à fait contraires aux valeurs que nous défendons", a réagi un porte-parole de GSK, dans une déclaration transmise à l'AFP.

"Nous allons continuer à coopérer pleinement avec les autorités sur ce sujet", a-t-il ajouté --une position déjà affichée par le groupe à plusieurs reprises durant l'enquête.

Les autorités chinoises avaient annoncé en juillet 2013 avoir ouvert une enquête contre GSK, accusant le laboratoire britannique d'avoir mis en place un vaste système de corruption destiné à muscler son chiffre d'affaires.

Près de 500 millions de dollars (380 millions d'euros) auraient ainsi été versés depuis 2007, par l'intermédiaire d'agences de voyages et de projets de sponsoring, à des personnels médicaux ou des officiels, selon la police.

Certains médecins touchaient jusqu'à 7% et 10% des ventes de médicaments de GSK qu'ils prescrivaient, avaient indiqué précédemment des médias chinois.

Quatre cadres du groupe de nationalité chinoise avaient été interpellés l'an dernier dans le cadre de cette affaire, tout comme l'enquêteur privé britannique Peter Humphrey, dont le cabinet travaillait pour GSK. Selon Chine nouvelle, 46 suspects ont été identifiés par la police.

Le système de santé chinois est considéré comme miné par l'opacité et la corruption, provoquées par les bas salaires des personnels médicaux.

L'enquête contre GSK avait par ailleurs été lancée en même temps qu'une vaste campagne anti-corruption initiée par les autorités centrales, et doublée d'une vague d'enquêtes contre de grands groupes étrangers.

Outre GSK, plusieurs laboratoires pharmaceutiques dont l'allemand Merck, le suisse Novartis et l'américain Baxter ont été accusés l'an dernier de s'entendre sur les prix, tandis que le français Sanofi a été visé par une enquête après des allégations de corruption.

Six producteurs étrangers de lait infantile, dont le néozélandais Fonterra, un géant du secteur, ont de leur côté écopé de lourdes amendes sanctionnant des ententes sur les prix.

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