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Brésil: les chauffeurs de bus toujours en grève à Rio, leur syndicat menacé d'amendes

14/05/2014 10:29 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

Une grève des conducteurs d'autobus de Rio entamée mardi paralysait encore plus de 80% de la flotte mercredi, selon les autorités locales, et leur syndicat se trouve sous le coup de fortes amendes faute de maintien en service d'au moins 70% des véhicules.

Mercredi matin, 14 bus avaient été endommagés par les grévistes, selon la police. La veille, un total 74 véhicules avaient été détériorés.

Ce mouvement de 48 heures, qui paralysait toujours mercredi matin plus de 80% de la flotte, selon le secrétariat des Transports, fait suite à une première grève jeudi qui s'était soldée par 531 autobus endommagés ou incendiés par des grévistes, pour un préjudice financier estimé à 17 millions de reais (environ 5,6 millions d'euros).

Cette nouvelle grève a été lancée après l'échec d'une audience tenue lundi devant la justice du Travail entre grévistes, membres du syndicat des conducteurs et receveurs (Sintraturb-Rio) -qui s'opposent à la grève- et l'organisation patronale des compagnies d'autobus (privées à Rio), la Rio Ônibus.

Mardi après-midi, la justice avait décrété le maintien en service d'au moins 70% de la flotte des bus à Rio sous peine d'une amende au syndicat de 50.000 reais (16.500 euros) par jour, mais cette injonction n'a pas été respectée.

"Il y a plus de 40.000 chauffeurs et receveurs de bus à Rio et ce mouvement n'a que 0,1% d'adhésion; cela montre l'opportunisme de ces personnes", a protesté mercredi le gouverneur de Rio, Luiz Fernando Pezao, à la chaîne de TV en continu Globo news.

Selon le secrétaire des Transports de Rio, Alexandre Sansao, "deux millions de Cariocas dépendent" des bus gérés par des compagnies privées à Rio. Comme la vielle, la mairie a mis en circulation mercredi davantage de trains, métros et bateaux (qui traversent la baie de Rio) pour minimiser l'impact de la grève.

Des propriétaires de mini-bus en profitaient toutefois pour circuler illégalement et demander 10 reais (3,2 euros) pour un trajet, soit trois fois plus que le prix d'un ticket de bus, ont dénoncé des passagers cités par le site G1 de Globo.

La police militaire, chargée du maintien de l'ordre, a été mobilisée pour assurer la sécurité des autobus sortant des garages.

Les grévistes affirment ne pas "se sentir représentés par (leur) syndicat" et exigent une hausse de salaire supérieure à celle négociée le 11 mars par Sintraturb, pour les porter à 2.500 reais (815 euros). Ils réclament aussi la disparition de la double fonction de conducteur et de receveur.

"Le problème est que le syndicat ne veut pas venir négocier" avec les grévistes, a affirmé le leader du mouvement Helio Tedoro à Globo News.

"Cette revendication manque de bons sens; c'est une action politique infiltrée dans notre syndicat d'un groupe qui veut paralyser Rio pendant le Mondial", a rétorqué le président du Sintraturb-Rio, Leilo Teixeira.

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