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Brésil : les "soldats du caoutchouc" de la IIème guerre mondiale finalement indemnisés

14/05/2014 04:49 EDT | Actualisé 14/07/2014 05:12 EDT

Soixante-huit ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le Parlement brésilien a validé une proposition d'amendement à la Constitution (PEC) qui indemnise les "soldats du caoutchouc" ayant travaillé en Amazonie pour l'industrie de la défense américaine.

Le vice-président du Parlement, Arlindo Chinaglia, a déclaré mercredi à Brasilia que la PEC représentait "un minimum de justice" envers les "seringueiros" (ouvriers qui récupèrent le latex) recrutés par le gouvernement brésilien et dont près de 20.000, selon lui, ont trouvé la mort "soit pour cause de maladie, soit en raison des dangers de la forêt amazonienne".

Ce projet d'amendement, approuvé en séance plénière par le Sénat en avril dernier, était en suspens au Parlement depuis 12 ans, selon le site d'information G1 de Globo.

Grâce à la PEC, les "seringueiros" et leurs descendants recevront en 2015 une prime unique de 25.000 reais (11.300 dollars, au change actuel).

Le rapporteur du texte, Anibal Diniz, cité par G1, a indiqué que 6.000 des 13.000 soldats du caoutchouc étaient encore en vie, aujourd'hui octogénaires et nonagénaires. Quelque 7.000 descendants de ces "seringueiros" devront également bénéficier de l'indemnisation.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, des troupes japonaises avaient envahi la Malaisie et suspendu l'approvisionnement vers les Etats-Unis du latex nécessaire pour la production d'armes de guerre et de véhicules.

Selon G1, le Brésil et les Etats-Unis, alliés pendant le conflit, avaient alors signé un accord. Le gouvernement américain s'engageait à investir dans la production de caoutchouc amazonien et le gouvernement brésilien à trouver de la main-d'oeuvre.

En raison de cet accord, des milliers de personnes notamment originaires de la région pauvre du Nord-Est, ont été embauchées pour recueillir le latex amazonien. Beaucoup sont mortes de maladies telles la malaria, de malnutrition ou dans des rixes entre ouvriers, rappelle G1.

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