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Varsovie et Bucarest mettent en garde contre une "chute" de l'Ukraine

13/05/2014 02:25 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

La Roumanie et la Pologne, deux pays voisins de l'Ukraine, ont mis en garde mardi contre un "démembrement" et "une chute" de cet Etat si l'élection présidentielle prévue dans moins de deux semaines ne se tient pas normalement.

"Aujourd'hui, je voudrais mobiliser toute l'Union Européenne et l'Otan face au risque ou à la menace d'une chute de l'Etat ukrainien ou à tout le moins d'une partition très douloureuse", a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk à Varsovie.

"Dans les prochains jours ou les prochains mois, le sort de l'Ukraine sera tranché", a-t-il ajouté en appelant l'Union européenne à soutenir cette élection cruciale prévue le 25 mai.

"C'est très important, il ne faut pas que les voisins (de l'Ukraine) ou les séparatistes soient en mesure de remettre en question ces élections, parce que cela pourrait vraiment remettre en cause l'Etat ukrainien", a-t-il insisté.

"Il est impérieux que l'élection présidentielle se tienne sur tout le territoire ukrainien y compris à Donetsk et Lougansk", a de son côté martelé le président roumain Traian Basescu lors d'une allocution télévisée en mettant en garde contre un "démembrement" du pays souhaité selon lui par la Russie.

"L'objectif de la Russie est d'empêcher l'élection présidentielle du 25 mai, de déstabiliser l'Ukraine pour la mettre sous contrôle intégralement ou en partie", a-t-il ajouté.

La Roumanie et la Pologne, deux anciens pays communistes aujourd'hui membres de l'Otan et de l'UE, partagent les mêmes positions sur la nécessité d'une attitude ferme face à la Russie.

L'Ukraine a fait dimanche un nouveau pas vers la partition avec la tenue dans deux régions de l'Est d'un double référendum d'indépendance dénoncé comme "illégal" par Kiev et par les Occidentaux.

Ils ont proclamé moins de 24 heures après la "souveraineté" des deux régions, baptisées républiques de Donetsk et Lougansk et se sont aussitôt placés sous l'aile de Moscou, comme l'avait déjà fait la Crimée en mars.

M. Basescu a appelé le gouvernement de Kiev à discuter avec les séparatistes pro-russes mais il a estimé que ces derniers ne doivent pas être présents lors de négociations internationales.

Le Premier ministre polonais a de son côté évoqué l'ultimatum du géant russe Gazprom réclamant 1,66 milliard de dollars de pré-paiement à l'Ukraine pour les livraisons de gaz en juin.

"Il y a différentes estimations concernant le coût de l'annexion (par Moscou) de la Crimée. Aujourd'hui, il est difficile de dire qui doit de l'argent à l'autre", a-t-il dit.

"Est-ce-que l'Ukraine est endettée vis-à-vis de Gazprom et de la Russie, ou est-ce-que la Russie, au regard du droit international, n'est pas endettée vis-vis de l'Ukraine parce qu'elle s'est emparée de la Crimée avec ses infrastructures et ses champs gaziers", s'est-il interrogé.

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