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Une journaliste française, Camille Lepage, assassinée en Centrafrique

13/05/2014 01:44 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT
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Six mois après l'assassinat de deux reporters de RFI au Mali, une autre journaliste française, la photographe Camille Lepage, 26 ans, a été tuée alors qu'elle effectuait un reportage en République centrafricaine (RCA), en proie à des violences intercommunautaires.

Le président François Hollande a annoncé mardi soir dans un communiqué le décès de la jeune femme originaire d'Angers (centre), a ensuite indiqué à la presse depuis Tbilissi que Camille Lepage était "sans doute tombée dans un guet-apens".

"Cela date de deux jours. Camille Lepage était en compagnie des (milices) anti-balaka pour son reportage. Ils seraient tombés dans une embuscade certainement tendue par des éléments armés qui écument la région. Elle a subi des tirs et les anti-balaka ont remonté le corps ainsi que ceux de leurs compagnons. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de son décès", a expliqué à l'AFP une source militaire française, qui a demandé à rester anonyme.

Le président Hollande a promis de mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers".

Selon la présidence, une patrouille de la force de pacification française en RCA Sangaris a découvert la dépouille de la photographe lors d'un contrôle sur un véhicule conduit par des éléments anti-balaka, dans la région de Bouar (ouest), près du Cameroun et du Tchad. Dans cette zone des combats avaient opposé la semaine dernière un détachement de la force Sangaris à une colonne lourdement armée qui l'avait attaqué.

"Il ne saurait y avoir d'impunité pour ceux qui, à travers les journalistes, s'en prennent à la liberté fondamentale d'informer et d'être informé", a assuré le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius à l'AFP depuis les Etats-Unis. La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a souhaité "que les auteurs de cet acte odieux soient retrouvés et jugés."

"Elle faisait des photos, elle pensait faire son devoir (...) Je demande aux journalistes de faire leur travail et en, même temps de prendre d'infinies précautions", a lancé le président Hollande, estimant que Camille Lepage évoluait "dans des conditions extrêmement difficiles en République centrafricaine". "Il y a une très grande violence" dans ce pays, a-t-il insisté.

- "Pas du tout une tête brûlée" -

La Centrafrique a sombré dans le chaos et les violences intercommunautaires, lorsque l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, a pris brièvement le pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014 dans un pays composé à 80% de chrétiens, multipliant les exactions.

Dites "anti-balaka", des milices chrétiennes hostiles aux Séléka et plus généralement aux musulmans, se sont formées, semant elles aussi la terreur parmi les civils.

"Ma fille (...) n'avait qu'une envie, c'était de témoigner sur des populations dont on ne parlait pas et qui étaient en danger", a déclaré la mère de Camille Lepage à la radio privée RTL.

A son arrivée à Djouba au Soudan du Sud en 2012, la jeune femme avait notamment travaillé comme pigiste pour l'AFP, dont le responsable photo pour l'Afrique de l'Est, Carl de Souza, a gardé le souvenir d'une jeune femme "très enthousiaste et avide d'apprendre".

"Ce n'était pas du tout une tête brûlée. Elle savait exactement ce qu'elle faisait", a assuré à l'AFP Virginie Terrasse, cofondatrice de l'agence Hans Lucas dont faisait partie Camille Lepage.

Camille Lepage, qui proclamait son intérêt pour "les populations laissées pour compte et la plupart du temps abandonnées par leur gouvernement" sur son site internet, avait notamment effectué des reportages sur les camps de réfugiés et les centres de rééducation des amputés de guerre.

Au total, 18 journalistes dans le monde ont été tués depuis le début de l'année dans l'exercice de leur métier, selon RSF.

Le 2 novembre 2013, deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, avaient été tués au Mali après avoir été enlevés durant un de leurs reportages.

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