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Un ministre allemand se rend à Kiev pour lancer des pourparlers sur la crise

13/05/2014 08:38 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier a tenté, mardi, de lancer des pourparlers entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes prorusses alors que les combats dans l'est du pays ont fait six morts.

Six soldats ukrainiens ont été tués et huit autres blessés, mardi après-midi, près de la ville de Kramatorsk, a annoncé le ministère de la Défense dans un communiqué. Il a précisé que le groupe avait été attaqué par au moins 30 insurgés munis de lance-grenades et d'armes automatiques.

Kramatorsk se trouve dans la province de Donetsk, l'une des deux régions de l'est de l'Ukraine à avoir proclamé leur indépendance lundi.

Prenant la parole depuis le principal aéroport de Kiev, M. Steinmeier a déclaré qu'il était venu pour favoriser le dialogue entre le gouvernement ukrainien et ses opposants prorusses des provinces de Donetsk et Louhansk, qui forment le coeur industriel du pays. Au cours du dernier mois, les insurgés de ces deux régions ont saisi des édifices gouvernementaux et se sont battus avec les forces de sécurité.

Le voyage du ministre allemand fait partie du plan élaboré par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) afin de régler la crise ukrainienne.

Ce plan exhorte les deux camps à mettre un terme à la violence et demande l'amnistie pour toutes les personnes impliquées dans le soulèvement de même que des discussions sur la décentralisation des pouvoirs et le statut de la langue russe. Il prévoit aussi la tenue de tables rondes à travers l'Ukraine réunissant les députés nationaux ainsi que des représentants du gouvernement et des régions.

Mais Kiev a exprimé du scepticisme par rapport au plan de l'OSCE, mardi.

De passage à Bruxelles, le premier ministre intérimaire de l'Ukraine, Arseni Iatseniouk, a remercié l'organisation basée à Vienne, mais a affirmé que le pays avait déjà son propre plan pour mettre un terme au conflit et qu'il était préférable que les Ukrainiens trouvent eux-mêmes des solutions à leurs problèmes.

De son côté, la Russie s'est prononcée en faveur d'une implantation rapide du plan de l'OSCE, précisant que la clause exigeant la fin de la violence impliquait que Kiev interrompe son opération militaire visant à reconquérir les bâtiments occupés dans l'est du pays, lève son blocus contre les villes de la région, retire ses troupes et relâche tous les insurgés.

«Nous demandons que (Kiev) cesse d'intimider les civils en ayant recours à la force ou en menaçant d'y avoir recours», a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué publié mardi.

Il a ajouté s'attendre à ce que les séparatistes des provinces de Donetsk et Louhansk déposent aussi les armes si le gouvernement ukrainien le faisait.

Moscou a également exhorté les États-Unis et l'Union européenne à convaincre Kiev d'organiser des pourparlers sur la possibilité d'octroyer plus de pouvoirs aux régions ukrainiennes en prévision de l'élection présidentielle du 25 mai.

Kiev et l'Occident ont accusé la Russie d'avoir encouragé l'insurrection dans l'est de l'Ukraine afin de faire capoter le vote et possiblement mettre la main sur une partie du territoire de l'ancienne république soviétique.

Les séparatistes ont tenu des référendums, dimanche, et soutiennent qu'environ 90 pour cent des électeurs s'étant rendus aux urnes dans les régions de Donetsk et Louhansk étaient en faveur de la souveraineté. Les deux provinces ont proclamé leur indépendance lundi et la première a demandé de se joindre à la Russie.

Le président intérimaire de l'Ukraine a qualifié les scrutins de «farce» alors que les pays occidentaux ont affirmé qu'ils allaient à l'encontre du droit international.

Le Kremlin n'a pas manifesté l'intention d'annexer l'est de l'Ukraine comme il l'a fait avec la péninsule de la Crimée en mars. Il encourage plutôt la tenue de discussions entre Kiev et les provinces concernées sur le futur du pays, signe que Moscou préfère résoudre la crise de manière politique plutôt que militaire.

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