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Ukraine: la violence n'aura pas sa place aux tables rondes (Merkel)

13/05/2014 01:34 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

La chancelière allemand Angela Merkel a estimé mardi que les "tables rondes" à venir en Ukraine devaient être les plus larges et les plus représentatives possibles, mais que la violence n'y aurait pas sa place.

"Je pense que la possibilité de tables rondes (...) offre une bonne occasion" de tenter de trouver une issue à la situation explosive en Ukraine, menacée de partition, a déclaré la chancelière lors d'une conférence de presse à Berlin.

Mais "seuls y seront les bienvenus ceux qui peuvent montrer de manière crédible qu'ils ne veulent pas atteindre leurs objectifs par la force", a-t-elle ajouté. "La violence comme solution des problèmes n'y aura pas sa place", a-t-elle encore dit.

Quant au référendum d'indépendance organisé dans deux régions de l'est de l'Ukraine, Mme Merkel a répété : "Je pense que le référendum est illégal donc je ne suis pas intéressée par son résultat. J'attends les élections" du 25 mai".

"Le gouvernement allemand dans son ensemble (...) travaille pour que l'élection (présidentielle) du 25 mai puisse avoir lieu", a ajouté Mme Merkel, dont le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier était en Ukraine ce mardi, notamment pour promouvoir un tel dialogue national auprès de différents responsables.

Une table ronde aux contours flous a déjà été programmée mercredi à 13H30 GMT. Elle rassemblera selon le gouvernement ukrainien le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, trois anciens présidents d'Ukraine, les actuels candidats à l'élection présidentielle prévue le 25 mai, ainsi que des députés et responsables régionaux. Les chefs séparatistes de l'Est, que Kiev qualifie de "terroristes", ne semblent en revanche pas être invités malgré des appels répétés de Moscou en ce sens.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a dit espérer "que toutes les parties concernées, dont la Russie, participeront à soutenir la stabilisation de la situation économique" de l'Ukraine, en soutenant sa stabilisation politique.

La situation dans l'ex-république soviétique constitue un risque pour l'économie mondiale, a-t-elle redit.

Mme Merkel a reçu en fin d'après-midi Mme Lagarde et ses homologues de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Roberto Azevedo, de l'OCDE Angel Gurria et de l'Organisation internationale du Travail (OIT) Guy Ryder, de même que le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim.

Depuis 2007 Mme Merkel accueille environ une fois par an les responsables des grandes organisations internationales pour évoquer la situation de l'économie mondiale. La dernière rencontre de ce type avait lieu en octobre 2012.

"L'évolution de l'économie mondiale s'est nettement améliorée, mais est encore loin d'une croissance robuste et pérenne", selon une déclaration commune des six personnalités diffusée mardi soir.

Mme Lagarde avait averti lundi, dans un entretien à la presse allemande, que la crise en Ukraine pouvait avoir "de lourdes conséquences économiques" sur le reste du monde, par un effet de contagion impossible à anticiper pour le moment.

Dans la première économie européenne, moteur de la zone euro, les incertitudes autour de l'Ukraine et de possibles sanctions économiques envers la Russie commencent à se ressentir sur les indicateurs de confiance et les industriels.

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