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Suivre à la trace des avions pour éviter le drame du vol disparu MH370

13/05/2014 09:05 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

Suivi des avions de ligne par satellite, déclenchement automatique de la transmission des données de vol, boîtes noires dans le "cloud": l'Organisation mondiale de l'aviation civile (OACI) examine divers moyens de pister les avions pour éviter de les perdre comme le Boeing du vol MH370.

Après la disparition de cet appareil le 8 mars avec 239 personnes à bord, lors d'un vol de la Malaysia Airlines parti de Kuala Lumpur pour Pékin, l'OACI tenait lundi et mardi à Montréal une réunion d'experts afin d'"examiner l'utilisation de technologies existantes pouvant fournir les moyens d'assurer un suivi mondial des avions, à un coût raisonnable".

Ces technologies, satellitaires ou autres, devraient permettre de transmettre une sélection de paramètres de base (position, altitude, vitesse, cap, etc.), selon les documents de travail de l'OACI. Une recommandation en ce sens avait déjà été faite par le Bureau français d'enquêtes et d'analyse (BEA) auprès de l'organisation spécialisée des Nations unies, après l'accident en juin 2009 du vol Air France AF447 entre Rio de Janeiro et Paris qui avait fait 228 victimes.

L'épave de l'Airbus 330 avait été localisée en avril 2011 --près de deux ans après l'accident-- par 3.900 mètres de profondeur, dans une zone non couverte par les radars. "Pour l'opinion en général, il semble impensable qu'un vol puisse simplement disparaître. Un avion devrait pouvoir être suivi en permanence, même au-delà de la couverture radar, et en cas d'accident être immédiatement localisé", note l'Union européenne dans un document mis en ligne par l'OACI.

Avant de se mettre autour de la table, les experts ont demandé aux industriels spécialisés dans les satellites (Globalstar, Inmarsat, Rockwell, Thales Alenia, etc.) de leur faire des propositions et de lister leurs avantages comme leurs inconvénients. L'OACI a acté qu'il existait des "solutions commerciales insoupçonnées fournissant une couverture globale pour moins de 100.000 dollars". Certaines compagnies équipent déjà leurs avions d'un système de suivi, un peu comme les flottes de camions ou les transporteurs maritimes, capables de suivre leur navires sur les océans en temps réel.

- Boîtes noires dans le "cloud" -

Lundi, l'un de ces industriels, le britannique Inmarsat, a proposé ce suivi gratuitement pour "11.000 avions de ligne qui sont déjà équipés d'une connexion par satellite", soit la quasi totalité de la flotte commerciale long courrier. Ce service de suivi n'a pas encore été déployé mais Inmarsat avait utilisé ses satellites pour aider à reconstituer la route du Boeing 777 de la Malaysia Airlines.

Même avec les systèmes de communication du vol MH370 éteints, l'appareil renvoyait les "bips" émis par les stations au sol et relayés par les satellites. Une autre proposition marquerait une petite révolution pour les équipes de recherche en cas d'accident. Le même opérateur a proposé un service de "boîte noire dans le +cloud+". Deux boîtes noires embarquées dans chaque avion enregistrent tous les paramètres de vol mais aussi les conversations dans le cockpit. Un tel système permettrait de faire une sauvegarde de ces paramètres et conversations à distance par le biais de l'informatique dématérialisée ("cloud computing") dès l'apparition d'un élément déclencheur, comme par exemple une déviation non autorisée du plan de vol.

Ces données pourraient être reçues automatiquement par la compagnie ou les autorités responsables du trafic aérien. Ce qui permettrait de retrouver rapidement une épave et d'obtenir des réponses sur les raisons d'un accident, qui pourraient être transmises alors aux proches des victimes pour les aider à faire leur deuil.

Mardi, l'OACI ne devrait pas décider de mesures immédiates en ce sens. Elle suivra plutôt la proposition des compagnies aériennes --regroupées au sein de l'Association internationale des transporteurs aériens (IATA)-- de créer un groupe de travail sur le suivi des avions de ligne, avec l'objectif de formuler des recommandations d'ici cinq mois au plus tard.

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