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Rapt de lycéennes: des avions américains survolent le Nigeria

13/05/2014 03:55 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont annoncé que des avions espions survolent le nord du Nigeria pour aider à retrouver les quelque 200 lycéennes enlevées mi-avril par le groupe islamiste Boko Haram, dont les exigences ont déjà été rejetées par le pouvoir nigérian.

Annoncées lundi soir par Washington, ces missions "d'espionnage" et "de surveillance" interviennent alors que la mobilisation internationale ne cesse de grandir en faveur des jeunes filles, à quelques jours d'un sommet organisé par la France sur la sécurité du Nigeria.

"Nous avons partagé des images de satellites commerciaux avec les Nigérians et nous effectuons des vols, avec pilotes, d'espionnage, de surveillance et de reconnaissance au-dessus du Nigeria, avec la permission du gouvernement", a révélé un haut fonctionnaire de l'administration américaine.

Face à l'émotion mondiale suscitée par ce rapt sans précédent, le gouvernement nigérian, pourtant traditionnellement rétif aux ingérences étrangères, a accepté l'aide internationale et l'envoi d'experts.

Les Etats-Unis le Royaume-Uni et la France ont dépêché des équipes, Israël et la Chine ont proposé leur aide.

Des experts américains passent d'ailleurs "à la loupe" la vidéo de Boko Haram obtenue lundi par l'AFP et montrant une centaine de jeunes filles présentées comme des lycéennes kidnappées, a indiqué la diplomatie américaine.

Au total, 276 lycéennes avaient été enlevées le 14 avril à Chibok, dans l'Etat de Borno (nord-est), l'un des fiefs du groupe islamiste armé, parmi lesquelles 223 sont toujours captives. Majoritairement musulman, cet Etat abrite néanmoins une communauté chrétienne importante.

La coordinatrice nigériane de la campagne "Bring Back Our Girls" (Ramenez nos filles), Hadiza Bala Usman, a indiqué à l'AFP que "trois parents avaient identifié leurs filles sur la vidéo" de Boko Haram.

"Le gouverneur (de Borno) Kashim Shettima a organisé un visionnage à Maïduguri (la capitale de l'Etat) et fait venir les parents de Chibok pour essayer d'identifier d'autres filles", a-t-elle ajouté.

- Abuja rejette les "conditions"

Dans la vidéo, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, exige la libération de ses "frères" combattants prisonniers en échange de celle des jeunes filles.

Le gouvernement a aussitôt opposé une fin de non-recevoir à cette exigence.

"Ce n'est pas à Boko Haram et aux insurgés de poser leurs conditions", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Abba Moro.

Shekau affirme que le marchandage ne concernerait que les filles "qui ne se sont pas converties" à l'islam. En effet, alors qu'il avait menacé de les traiter en "esclaves" dans une précédente vidéo diffusée il y a une semaine, il explique avoir entrepris de convertir les otages à la religion musulmane.

La nouvelle vidéo de Boko Haram montre environ 130 adolescentes assises à l'air libre sous des arbres, dans un lieu non-identifié, en train de réciter ensemble la "fatiha", l'une des principales sourates du Coran.

Les jeunes filles sont revêtues de longs voiles noirs et gris laissant seulement leurs visages découverts. Trois d'entre elles sont interrogées : deux disent qu'elles étaient chrétiennes et se sont converties à l'islam, alors que la troisième déclare qu'elle était déjà musulmane.

- Sommet samedi à Paris -

A l'initiative de François Hollande, un sommet régional doit se tenir samedi à Paris pour aider le Nigeria et ses voisins à faire face au défi posé par Boko Haram, dont le nom en langue haoussa signifie "L'éducation occidentale est un péché".

Ce sommet devrait rassembler, autour du président français, les dirigeants d'au moins cinq pays africains: le Nigeria et quatre de ses voisins, le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin. Américains et Britanniques ont également été invités.

Très critiqué pour son inaction dans un premier temps, le président nigérian Goodluck Jonathan s'est dit lundi "très optimiste" sur l'opération de recherche en cours, grâce à l'appui logistique de la communauté internationale.

Du côté de l'opinion internationale, la mobilisation ne faiblit pas non plus.

Deux anciennes "premières dames" françaises, Carla Bruni-Sarkozy et Valérie Trierweiler, ont participé mardi à une manifestation à Paris avec des célébrités du monde du spectacle.

A l'image de la "première dame" américaine Michelle Obama, des centaines de milliers d'anonymes et de célébrités ont ces derniers jours pris d'assaut les réseaux sociaux avec le hashtag #BringBackOurGirls, cri de ralliement pour sauver les jeunes filles.

Le journal camerounais Mutations s'interrogeait d'ailleurs mardi sur le "silence" des Premières dames africaines.

L'insurrection de Boko Haram a fait des milliers de morts depuis 2009, dont près de 2.000 depuis le début de cette année. Initialement concentrées dans le Nord à majorité musulmane, où Boko Haram réclame la création d'un Etat islamique, les violences ont récemment fait des dizaines de morts à Abuja, la capitale fédérale, avec deux attentats à la voiture piégée.

bur-tmo/de

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