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Présidentielle en Syrie: Paris confirme l'interdiction de voter en France

13/05/2014 10:45 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

La France a signifié à la Syrie l'interdiction d'organiser sur le territoire français des opérations de vote à l'occasion de l'élection présidentielle syrienne du 3 juin, a indiqué mardi le ministère des Affaires étrangères, confirmant une information officielle syrienne.

"Nous avons notifié à l'ambassade de Syrie en France que cette élection ne se déroulerait pas sur le territoire français", a indiqué Romain Nadal, porte-parole du Quai d'Orsay, au cours d'un point-presse. Cette note a été adressée à l'ambassade le 9 mai.

"Nous espérons que cette notification sera prise en compte et respectée" par les autorités syriennes, a ajouté M. Nadal. La veille, le porte-parole avait affirmé que la France était en droit de s'opposer à la tenue de ce scrutin sur son territoire, sans affirmer clairement que la décision avait bien été prise. Quelque 5.000 Syriens résidaient en France en 2013, selon le ministère.

L'ambassade de Syrie en France est dirigée par un chargé d'affaires depuis que l'ambassadrice Lamia Chakkour a été déclarée persona non grata en mai 2012 après un massacre commis par les forces du régime. Elle est cependant restée sur le territoire français en tant que représentante de son pays auprès de l'Unesco. L'ambassade de France en Syrie est fermée depuis le 6 mars 2012.

Les autorités de Damas avaient indiqué lundi que la France et l'Allemagne voulaient interdire aux Syriens résidant dans ces pays de voter dans leurs ambassades pour la présidentielle.

Le ministère allemand des Affaires étrangères avait ensuite précisé avoir justifié cette décision auprès de l'ambassade de Syrie à Berlin dans une note envoyée le 7 mai, en invoquant le fait qu'il ne s'agissait "pas d'élections démocratiquement légitimes".

"Pour la France, seule une solution politique et la mise en place d'un organe de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs, conformément au communiqué de Genève (signé par les grandes puissances le 30 juin 2013 sur une transition démocratique en Syrie) permettront de mettre un terme au bain de sang. (Le président syrien) Bachar al-Assad, responsable de la mort de 150.000 personnes, ne saurait représenter l'avenir du peuple syrien", avait dit de son côté le porte-parole du Quai d'Orsay.

La prochaine présidentielle syrienne, qualifiée de "farce" par les pays occidentaux et l'opposition en exil, doit se tenir le 28 mai à l'étranger et le 3 juin en Syrie, et verra probablement la réélection de Bachar al-Assad face à deux candidats méconnus.

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