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Les renseignements soudanais portent plainte contre un chef de l'opposition

13/05/2014 11:27 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

Les renseignements soudanais ont porté plainte contre le chef d'un parti d'opposition pour avoir selon ce puissant service accusé une milice pro-gouvernementale d'avoir pillé et incendié des villages et commis des viols au Darfour, ont rapporté des médias mardi.

Le Service national de renseignement et de sécurité (NISS) a porté plainte contre Sadek al-Mahdi, le chef du parti Oumma qui aurait tenu de tels propos sur les "Rapid Support Forces" (RSF) lors d'une conférence de presse la semaine dernière, selon les mêmes sources.

Le NISS, autorité de tutelle des RSF, accuse M. Mahdi d'avoir délivré de fausses informations surtout en affirmant que des "non-Soudanais" se battaient dans les rangs des RSF. Ce faisant, il aurait menacé la sécurité publique, sapé le prestige de l'Etat et influencé le jugement de la communauté internationale contre le Soudan.

Selon le journal soudanais de langue anglaise The Citizen, M. Mahdi a notamment affirmé dans sa conférence de presse qu'"un grand nombre de villages ont été incendiés, que des propriétés ont été pillées, des personnes enlevées et des femmes et jeunes filles violées lors des violences au Darfour causées par la force paramilitaire des RSF".

Dans un communiqué réagissant à la plainte du service des renseignements, M. Mahdi a indiqué avoir lu "les fausses allégations" envoyées aux médias par le NISS, ajoutant qu'il maintenait ce qu'il a dit en "réclamant que la justice règne dans cette région" du Darfour (ouest).

Selon Magdi el-Gizouli, de l'institut de recherches Rift Valley Institute, les RSF, formées de 6.000 hommes, "sont presque comme une armée de mercenaires".

Le chef de la mission ONU-Union africaine pour le Darfour Mohamed Ibn Chambas, a récemment déclaré au Conseil de sécurité de l'ONU que les agissements des RSF étaient "particulièrement inquiétants", ajoutant qu'elles avaient commis des attaques contre les communautés.

Le Darfour est le théâtre depuis 2003 d'affrontements entre l'armée alliée à des tribus, et des rebelles qui réclament la fin de la "marginalisation économique" du Darfour et un partage du pouvoir avec le gouvernement de Khartoum.

Depuis un an ce conflit, qui a fait des centaines de milliers de morts et plus de deux millions de déplacés selon l'ONU, se double d'une hausse de l'activité criminelle et de combats sanglants entre tribus arabes se disputant terre, eau et droits miniers.

Selon des sources diplomatiques et humanitaires, en brûlant des villages, les RSF se sont lancées dans une mission de contre-insurrection afin de saper tout soutien populaire aux rebelles.

La plainte du NISS intervient alors que le parti de M. Mahdi, ainsi que d'autres mouvements d'opposition, sont engagés dans un "dialogue national" avec le gouvernement. Or les services de renseignement sont contre ce processus, a expliqué à l'AFP un opposant sous le couvert de l'anonymat.

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