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Le régime syrien aurait utilisé des armes chimiques, selon Human Rights Watch

13/05/2014 11:17 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

BEYROUTH - Des preuves solides démontrent que l'armée syrienne a lancé le mois dernier du chlore gazeux contre trois villes contrôlées par les insurgés, a indiqué mardi une organisation humanitaire internationale.

Le rapport de Human Rights Watch pourrait témoigner que des armes chimiques sont toujours utilisées en Syrie, huit mois après qu'une attaque chimique ait fait des centaines de morts en banlieue de Damas.

Le gouvernement syrien n'a pas immédiatement réagi aux allégations de HRW. Le régime a déjà accusé les rebelles d'avoir utilisé du chlore gazeux.

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, qui surveille le respect de la Convention sur les armes chimiques, a dépêché une équipe en Syrie ce mois-ci pour enquêter sur les allégations de recours au chlore gazeux. Un porte-parole de l'organisation n'a pas voulu commenter le rapport de HRW.

Human Rights Watch affirme que les forces loyales au régime de Bachar el-Assad ont probablement utilisé du chlore gazeux chargé à bord de bombes improvisées lors d'attaques perpétrées à la mi-avril contre trois villes situées près d'une base militaire, dans le nord de la Syrie. Ces attaques ont fait au moins 11 morts et 500 blessés.

Le chlore gazeux n'est pas vraiment mortel, mais HRW indique qu'on semble y avoir eu recours pour terroriser les résidants et semer la panique. L'organisation new-yorkaise de défense des droits de la personne cite des témoins, dont des employés médicaux, selon qui les victimes semblaient avoir été brûlées par du chlore.

Même si les contenants de chlore gazeux sont relativement faciles à obtenir, un représentant de HRW a indiqué que le produit a probablement été utilisé par le régime Assad.

«Ça s'est produit sur plusieurs jours, en différents endroits, et les événements sont constants, a dit Nadim Houry. C'est ce qui nous donne suffisamment confiance pour déclarer que les preuves pointent dans cette direction.»

Les hélicoptères syriens larguent fréquemment des barils bourrés d'explosifs sur des secteurs rebelles, et les insurgés ne disposent pas d'aéronefs. Des témoins font état de nuages jaunes après les explosions, ce qui correspond à du chlore gazeux.

Human Rights Watch a rappelé que la loi internationale interdit l'utilisation du chlore gazeux.

«C'est une raison de plus pour que le Conseil de sécurité des Nations unies renvoie le dossier de la Syrie à la Cour pénale internationale», a dit M. Houry.

Environ 92 pour cent de l'arsenal chimique syrien aurait été neutralisé par une opération internationale au cours des derniers mois.

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