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Le gouvernement du Nigeria prêt à négocier avec Boko Haram

13/05/2014 06:18 EDT | Actualisé 13/05/2014 06:20 EDT
PIUS UTOMI EKPEI via Getty Images
A policeman stand beside children holding as members of Lagos based civil society groups hold rally calling for the release of missing Chibok school girls at the state government house, in Lagos, Nigeria, on May 5, 2014. Boko Haram on Monday claimed the abduction of hundreds of schoolgirls in northern Nigeria that has triggered international outrage, threatening to sell them as 'slaves'. 'I abducted your girls,' the Islamist group's leader Abubakar Shekau said in the 57-minute video obtained by AFP, referring to the 276 students kidnapped from their boarding school in Chibok, Borno state, three weeks ago. AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI (Photo credit should read PIUS UTOMI EKPEI/AFP/Getty Images)

À Abuja, au Nigeria, le gouvernement de Goodluck Jonathan a ouvert la porte, mardi, à des négociations avec la secte islamiste qui retient toujours prisonnières 223 lycéennes.

En fait, le Nigeria affirme avoir toujours été ouvert au dialogue avec les insurgés. Le gouvernement avait mandaté l'année dernière un comité pour tenter d'en arriver à une amnistie avec Boko Haram.

« Nous sommes prêts à discuter de tous les problèmes, et les lycéennes enlevées à Chibok en font partie », a déclaré mardi le ministre des Affaires spéciales, Taminu Turaki, qui a dirigé ledit comité. La veille, pourtant, le Nigeria avait rejeté l'idée d'entamer des pourparlers avec la secte Boko Haram.

Mobilisation internationale

Mais, sur le terrain, la situation s'est modifiée mardi avec l'arrivée, dans la capitale nigériane, du commandant des forces armées américaines en Afrique (Africom). Ce dernier devait s'entretenir avec les autorités nigérianes dans le but ultime de faire libérer les jeunes filles captives.

Les États-Unis confirment avoir déployé des avions-espions dans le nord du Nigeria pour retrouver les dizaines d'adolescentes prisonnières de Boko Haram. C'est pour cette région du pays que le président nigérian a demandé aux membres du Parlement de reconduire, pour six mois encore, l'état d'urgence. Par cette mesure, l'État nigérian tente de mater l'insurrection du groupe islamiste armé.

« Nous avons partagé des images de satellites commerciaux avec les Nigérians et nous effectuons des vols, avec pilotes, d'espionnage, de surveillance et de reconnaissance au-dessus du Nigeria, avec la permission du gouvernement », a expliqué un haut fonctionnaire de l'administration américaine.

Une trentaine d'employés du FBI, des départements d'État et de la Défense se trouvent au Nigeria. Outre les Américains et les Canadiens, le Royaume-Uni et la France ont envoyé ces derniers jours des experts au Nigeria. Israël a, de son côté, proposé son aide dimanche, comme l'avait fait la Chine vendredi.

Des Canadiens au Nigeria :

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a confirmé que des Canadiens se trouvent au Nigeria pour contribuer aux recherches et porter soutien aux autorités du pays. Pour M. Harper, l'enlèvement des jeunes collégiennes est « de toute évidence répugnant relativement à tout ce en quoi nous croyons, nous les Canadiens ».

Une vidéo scrutée à la loupe

Au moins 223 jeunes filles sont détenues par la secte qui a menacé de les vendre comme esclaves ou de les marier de force.

Lundi, le chef de Boko Haram, Aboubakar Shekau, a déclaré dans une vidéo montrant des dizaines d'adolescentes portant un voile qui ne révèle que leur visage qu'il échangerait certaines d'entre elles contre des membres du groupe emprisonnés dans les geôles du pays.

Réagissant après avoir vu la vidéo, mardi, le gouverneur de l'État de Borno, où l'enlèvement a été perpétré, a confirmé que « toutes les filles de cette vidéo ont été identifiées comme étant des élèves du lycée public de Chibok ».

La vidéo remise lundi à l'Agence France-Presse par la secte Boko Haram est scrutée à la loupe par des experts américains à la recherche du moindre indice susceptible de localiser les otages ou de faire progresser l'enquête.

Sur le front diplomatique, le président français, François Hollande, a annoncé lundi avoir demandé aux Américains et aux Britanniques de participer au sommet sur la sécurité au Nigeria qui se tiendra samedi, à Paris. Les dirigeants d'au moins cinq pays africains (le Nigeria, le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Bénin) doivent y participer.

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