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Gaz: Bruxelles, Moscou et Kiev préparent une nouvelle rencontre

13/05/2014 08:52 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

L'Union européenne, la Russie et l'Ukraine cherchent une date et un lieu pour une nouvelle rencontre consacrée à la sécurité de l'acheminement du gaz russe via l'Ukraine, a-t-on appris mardi auprès de la Commission européenne.

"Une réunion technique organisée lundi à Bruxelles a permis de lever les obstacles pour l'organisation d'une nouvelle réunion trilatérale au niveau politique, et toutes les parties cherchent désormais une date", a indiqué Sabine Berger, porte-parole du commissaire à l'Energie Gunther Oettinger.

L'ambassadeur de la Russie auprès de l'UE, Vladimir Chizov, a évoqué comme une "forte probabilité" la date du 16 mai à Athènes, où M. Oettinger doit participer à une réunion des ministres de l'Energie de l'UE.

La Commission n'était pas en mesure mardi de confirmer cette date. Mais la date du 16 mai n'est "pas possible", a confié à l'AFP une source proche du dossier.

Les discussions engagées le 2 mai entre les ministres russe et ukrainien de l'Energie, Alexandre Novak et Iouri Prodan, sous la houlette de M. Oettinger, n'ont toujours pas permis de dégager un accord.

Ce dernier va évoquer le problème mardi avec M. Prodan, venu à Bruxelles avec le Premier ministre Arseni Iatseniouk.

M. Oettinger veut aussi avoir un entretien avec le ministre russe pour préparer la réunion. Une rencontre avec M. Novak est planifiée pour le 19 mai, mais la date doit encore être confirmée, a précisé la source proche du dossier.

La menace de Gazprom de couper les livraisons de gaz à l'Ukraine le 3 juin si Kiev n'a pas réglé à l'avance le montant --évalué par le groupe russe à 1,66 milliard de dollars (1,17 milliard d'euros)-- pèse sur ce nouveau round de discussions avec Moscou.

Kiev pourra utiliser le financement macro-économique de 1 milliard d'euros accordé par l'UE pour procéder à ses achats de gaz, a confirmé la Commission européenne. "Il s'agit d'un soutien au budget ukrainien pour l'aider à faire face à ses besoins extérieurs, et l'achat de gaz en fait partie", a expliqué un porte-parole.

- Moyen de pression -

La cessation de la fourniture de gaz à l'Ukraine aurait des conséquences sur l'acheminement des achats de l'UE, si les réserves ukrainiennes n'étaient plus suffisantes.

Il s'agit "d'arriver à un accord avant la fin mai pour que les mois de juin, juillet et août puissent être utilisés pour stocker le gaz", explique M. Oettinger. Les réserves ukrainiennes renferment actuellement 9,2 milliards de m3 pour une capacité de 31 milliards de m3, selon les données de la Commission. Il faudrait qu'elles soient doublées à 18 milliards de m3 pour acheminer en toute sécurité les achats de gaz européens, insiste-t-on de source européenne.

Le réseau de gazoducs ukrainiens, géré par Ukrtransgaz, filiale de Naftogaz, assure le transit de 65 des 133 milliards de m3 de gaz achetés par les pays de l'UE, dont les achats à la Russie ont couvert 25% à 30% des besoins en 2013. Plusieurs autres gazoducs, dont Northstream (55 milliards de m3) et Yamal (33 milliards de m3) acheminent directement les achats de l'Allemagne (40 milliards de m3 en 2013), sans passer par l'Ukraine.

Gazprom mise beaucoup sur un nouveau gazoduc, Southstream, d'une capacité de 63 milliards de m3/an, sous la Mer noire, pour contourner l'Ukraine à partir de 2015.

Mais le projet est pour l'instant "gelé", et l'UE "n'accélère pas le règlement des problèmes rencontrés au niveau européen" afin de conserver un moyen de pression sur le groupe russe, a-t-on expliqué de source européenne.

Les Européens se préparent au pire et renforcent leurs stocks, l'UE possédant actuellement 43 milliards de m3 de gaz en réserve. Grâce à des achats de précaution, l'Autriche, la Slovaquie, la République tchèque et la Bulgarie sont à 50% de leurs capacités; L'Italie, la Belgique, le Danemark à 60%; L'Allemagne et le Royaume-Uni à 66%; Les Pays Bas, le Portugal et l'Espagne à plus de 80%.

Sur les pays dont les données sont disponibles, deux font exception: la France n'est ainsi qu'à 34% de ses capacités et la Hongrie à 24%.

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