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Crédits d'impôt à la rénovation: Rona espère une influence sur ses ventes

13/05/2014 08:51 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Rona (TSX:RON) espère que les programmes d'aide à la rénovation mis en place par le gouvernement provincial vont aider à redonner de la vigueur à ses ventes au Québec — le plus important marché du géant de la rénovation.

S'il accueille ces mesures à bras ouverts, le président et chef de la direction du quincailler, Robert Sawyer, estime néanmoins qu'il est encore trop tôt pour en mesurer l'impact.

«On espère que ça va donner des résultats, mais il est trop tôt. Il faut dépenser (dans le secteur) du marketing pour faire comprendre le programme», a-t-il dit, mardi, en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires de Rona, à Boucherville.

LogiRénov est un crédit d'impôt de 20 pour cent couvrant plusieurs types de rénovations résidentielles, alors qu'ÉcoRénov, en vigueur jusqu'au 31 octobre, s'applique sur une gamme de rénovations écoénergétiques.

Une campagne publicitaire sera mise de l'avant par l'entreprise, a confirmé M. Sawyer, qui aurait toutefois souhaité que le programme LogiRénov couvre davantage que des travaux de rénovation résidentielle.

«Nous voulions avoir des réponses auprès du gouvernement (avant de faire de la publicité), a expliqué le pdg de Rona. C'est sûr qu'on aurait aimé un programme plus libéral, mais on est content de ce qui est mis en place.»

L'entreprise affirme que la tendance à la baisse en ce qui a trait à ses ventes s'explique en grande partie par le recul des mises en chantier au Québec, qui, selon elle, ont fléchi de huit pour cent en 2013 et de quatre pour cent au premier trimestre de l'exercice 2014.

Le chef de la direction financière, Dominique Boies, n'a pas caché que dans le passé, des mesures similaires, qui s'étaient terminées en 2010, avaient stimulé les ventes comparables du quincailler.

Les dirigeants de Rona ont également indiqué qu'ils reproduiront le nouveau concept des magasins Réno-Dépôt dans les autres provinces canadiennes où l'entreprise est présente à compter de 2015.

«Il faut réellement le peaufiner (le concept) parce que chaque marché est assez distinct, a toutefois prévenu M. Sawyer. Nous avons déjà un groupe de travail qui regarde à l'extérieur du Québec.»

Dans la province, la transformation de 11 magasins Réno-Dépôt a été effectuée et le quincailler prévoit que la réfection de l'ensemble de ses 16 établissements sera complétée d'ici la fin du deuxième trimestre.

M. Sawyer n'a pas voulu dévoiler sa stratégie quant à l'application de cette stratégie à l'échelle pancanadienne, refusant également de dire si l'enseigne Réno-Dépôt allait faire son apparition dans le reste du pays.

«Possiblement des conversions (de surfaces) où des magasins réduits dans ce concept», s'est-il limité à dire, en point de presse, après l'assemblée des actionnaires.

Quant à ses résultats du premier trimestre, Rona a été en mesure de réduire sa perte, ce qui ne l'a pas empêché de perdre 16,6 millions $, entre autres en raison de l'hiver rigoureux et de la fermeture de magasins sous-performants.

L'entreprise établie à Boucherville a indiqué que cette perte représente 14 cents par action, comparativement à une perte de 36,1 millions $ ou 30 cents par action à la même période l'année dernière.

Ses revenus ont également glissé de 8,2 pour cent, passant de 832,9 millions $ il y a un an à 764,3 millions $ cette année, alors que les ventes de ses magasins comparables — un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail, se sont repliées de quatre pour cent.

Sur une base ajustée, la perte de la société a été de 14,4 millions $, ou 12 cents par action, comparativement une perte de 18,3 millions $, ou 15 cents par action, au même moment en 2013.

Cette performance correspond aux prévisions des analystes sondés par Thomson Reuters, qui anticipaient les conséquences de l'hiver rigoureux sur les résultats de la société.

«Rona a bien contrôlé ses coûts, mais l'environnement concurrentiel rend plus difficile la relance (de l'entreprise)», a notamment souligné l'analyste Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, dans un rapport.

La fermeture de 11 magasins sous-performants ainsi que les mesures d'économie ont permis à l'entreprise d'engranger un résultat avant intérêts, impôts et amortissements de 7,9 millions $, par rapport à une perte de 21,8 millions $ au premier trimestre de 2013.

La dette nette du quincailler a également reculé de plus de 30 pour cent, à 311,5 millions $, comparativement à 448,3 millions $ l'année dernière.

En juin dernier, Rona avait mis de l'avant un important programme, dont les objectifs visant à accroître son efficacité ainsi qu'à réduire ses coûts de 110 millions $ ont été atteints, d'après ses dirigeants.

«Je suis bien content que 2013 soit terminée, a dit M. Sawyer aux actionnaires. Nous avons complètement refait les fondations de la maison, alors que plusieurs observateurs pensaient que de simples travaux de rénovation pourraient permettre à Rona de renouer avec la croissance.»

Le dirigeant n'a pas voulu dire exactement à quel moment les ventes comparables de Rona devraient amorcer leur remontée, laissant toutefois entendre que ça ne serait pas avant l'an prochain.

«Le défi à régler en 2014 est celui de Réno-Dépôt, disons (que) 2015 c'est un beau chiffre», a dit M. Sawyer.

Selon Rona, il faut remonter à 2006 pour constater la dernière progression annuelle de ses ventes comparables.

À la Bourse de Toronto, le titre de Rona — qui exploite un réseau de quelque 530 établissements à travers le pays — a gagné mardi 11 cents pour clôturer à 11,04 $.

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