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Centrafrique: Samba-Panza "encourage" les derniers musulmans de Bangui a rester

13/05/2014 01:09 EDT | Actualisé 13/07/2014 05:12 EDT

La présidente de transition centrafricaine Catherine Samba Panza a encouragé mardi les derniers musulmans de Bangui à rester dans la capitale, insistant sur la nécessité de maintenir le "brassage ethnico-confessionnel", au cours d'une rencontre avec les représentants d'ONG.

Reconnaissant "un problème de protection" des populations musulmanes de Bangui, dont 90 % a déjà fui la ville en raison des exactions, Mme Samba-Panza a affirmé vouloir "encourager ces populations (à rester) là où elles sont en assurant leur protection".

Après la mise en déroute de l'ex-coalition rebelle Séléka, de majorité musulmane et brièvement au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014, les musulmans de Bangui ont été la cible de harcèlements, pillages et lynchages, les poussant à fuir la ville.

La présidente a également affirmé que les opérations de désarmement de l'ex-Séléka menées par les forces africaine Misca et française Sangaris avaient "livré à la vindicte populaire" la communauté musulmane, regrettant "les déplacements massifs de certaines communautés vers l'extérieur et vers l'est de la Centrafrique, entraînant une partition de fait" du pays.

Désormais, seuls 6000 musulmans, que la population chrétienne assimile volontiers à l'ex-rébellion, vivent encore retranchés dans le quartier PK5, au centre de Bangui.

Dans le reste du pays, les violences intercommunautaires persistent, notamment dans les régions centre et nord qui sont les plus sensibles, où milices chrétiennes et ex-rébellion Séléka s'affrontent quotidiennement.

Depuis plusieurs semaines dans ces régions, de nombreux villages ont été attaqués, ainsi qu'un hôpital géré par l'ONG Médecins sans frontières début mai.

Samedi, au moins treize personnes ont été brûlées vives dans une maison où elles avaient été rassemblées de force dans le centre de la Centrafrique par des combattants présumés de l'ex-Séléka et des Peuls armés, selon une source de la gendarmerie à Bangui.

Dans l'attente des 12.000 casques bleus promis par l'ONU en septembre, la force internationale peine à restaurer l'ordre en province, mais aussi dans la capitale où des exactions sont régulièrement commises.

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