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USA: le gouvernement refuse de lever le voile sur les prisons de la CIA

12/05/2014 03:07 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

Le gouvernement américain a fait appel de l'injonction d'un juge de Guantanamo lui ordonnant de lever le voile sur des pans entiers du programme de prisons secrètes de la CIA, apprend-on lundi sur le site des tribunaux militaires.

Dans un document de 26 pages daté du 23 avril mais dont le contenu vient d'être déclassifié, le chef des procureurs militaires Mark Martins demande au juge de Guantanamo de revoir son ordre historique du 14 avril.

Dans ce jugement, le colonel James Pohl a ordonné au gouvernement de livrer à la défense quantité d'éléments sur les prisons secrètes par lesquelles les principaux accusés de Guantanamo sont passés, à commencer par les lieux de détention, les techniques d'interrogatoire renforcées utilisées et toutes les déclarations ainsi obtenues.

Le Saoudien Abd al-Rahim al-Nachiri, qui encourt la peine de mort pour l'attentat du navire américain USS Cole en 2000 au large du Yémen, aurait ainsi enduré des interrogatoires musclés entre son arrestation en 2002 et son transfèrement à Guantanamo en septembre 2006.

Le cerveau autoproclamé des attentats du 11-Septembre, le Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed, aurait enduré 183 séances de simulation de noyade, tandis que ses quatre co-accusés, qui risquent également la peine capitale, auraient subi d'autres interrogatoires assimilés à de la torture avant leur transport à Guantanamo.

Or les avocats arguent qu'ils n'ont obtenu qu'une infime portion de renseignements sur la période pendant laquelle leurs clients étaient entre les mains de la CIA.

Dans son appel déposé dans l'affaire Nachiri, le général Martins demande au juge d'attendre la publication annoncée d'un rapport du Sénat sur ce programme de détention et d'interrogatoires utilisé après le 11 septembre 2001.

Invoquant "la sécurité nationale" à de multiples reprises, le procureur affirme "avoir déjà livré 245.000 pages à la défense" ainsi que "des résumés et des déclarations" évitant la publication d'informations classifiées tout en donnant "la même capacité" de défense à l'accusé.

Il estime enfin que le juge Pohl a outrepassé ses pouvoirs, car la loi sur les tribunaux militaires d'exception lui impose d'éviter de créer des situations dans lesquelles le gouvernement est "contraint de choisir entre protéger des informations classifiées au nom de la sécurité nationale et traduire en justice les auteurs de graves violations de la législation sur la guerre".

chv/gde

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