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Ukraine: Donetsk et Louhansk proclament leur indépendance

12/05/2014 05:59 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

DONETSK, Ukraine - Des militants prorusses des région ukrainiennes de Donetsk et Louhansk ont proclamé leur indépendance, lundi, au lendemain d'un référendum improvisé qui, selon l'Ukraine et ses alliés occidentaux, contrevient au droit international.

Les insurgés de Donetsk ont ensuite demandé à joindre la Russie. Le Kremlin n'a pas immédiatement réagi à la demande d'annexion, mais avait précédemment publié un communiqué demandant au gouvernement de Kiev d'entamer des pourparlers avec les insurgés prorusses.

Les organisateurs du référendum affirment qu'environ 90 pour cent des électeurs de Donetsk et Louhansk ont voté en faveur de la souveraineté. Les deux régions se trouvent le long de la frontière avec la Russie et forment le coeur industriel de l'Ukraine. Donetsk compte environ 4,4 millions d'habitants, contre 2,2 millions pour Louhansk.

Les insurgés de Louhansk ont prévenu que la région ne participera pas à l'élection présidentielle du 25 mai.

Le gouvernement central de l'Ukraine et l'Occident ont dénoncé le scrutin, le qualifiant d'imposture et de violation des lois internationales. Ils ont aussi accusé Moscou d'orchestrer la perturbation afin, possiblement, de mettre la main sur une autre région du pays quelques semaines après avoir annexé la Crimée.

Les responsables russes nient toute ingérence.

«Cette farce, que les terroristes qualifient de référendum, n'aura aucune conséquence judiciaire à part la responsabilité criminelle des organisateurs», a dit par voie de communiqué le président ukrainien par intérim, Oleksandre Tourtchinov.

À Moscou, le bureau du président Vladimir Poutine a dit espérer que l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe pourra organiser des discussions entre Kiev et les deux provinces. Cette prise de position prudente — qui contraste avec l'annexion rapide de la Crimée — semble démontrer que la Russie souhaite une solution négociée à ce qui est devenu la pire crise à survenir entre la Russie et l'Occident depuis la Guerre froide.

«Les conséquences pratiques du référendum devraient survenir de manière civilisée, sans retour à la violence, par le biais d'un dialogue entre des représentants de Kiev, de Donetsk et de Louhansk», a indiqué le Kremlin par voie de communiqué.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré lundi aux journalistes qu'il estime que ce référendum était «illégal». «Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas le prendre au sérieux», a-t-il lancé.

En l'absence de superviseurs internationaux, il était virtuellement impossible de confirmer les prétentions des insurgés. Le scrutin a été organisé à l'aide de bulletins de papier déposés dans des boîtes transparentes.

Le président suisse Didier Burkhalter, dont le pays préside actuellement l'OSCE, a dit croire à un déblocage. «Nous constatons à Moscou une ouverture au dialogue», a-t-il déclaré lundi, à Bruxelles.

Il a ajouté que l'Ukraine a accepté la nomination de l'ambassadeur allemand Wolfgang Ischinger comme comédiateur de l'OSCE pour le début des pourparlers.

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont imposé lundi des sanctions à 13 nouvelles personnes en lien avec la crise ukrainienne, mais ils ne devraient pas adopter de mesures plus musclées avant l'élection présidentielle du 25 mai.

Les 13 personnes ciblées seront frappées d'interdictions de voyage et de gels de leurs avoirs. Deux entreprises feront aussi l'objet de sanctions. Au-delà de ces mesures, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré qu'il est essentiel de démontrer que l'UE est prête à augmenter la pression sur la Russie, tout dépendant de l'attitude de Moscou envers les élections ukrainiennes.

L'UE a déjà imposé des interdictions de voyage et des gels d'actifs à 48 personnes.

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