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Sida: développement du dépistage et "plan anti-discrimination" au Maroc

12/05/2014 03:02 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

Un plan "anti-discrimination" a été conclu lundi au Maroc afin d'améliorer la lutte contre le sida, dans un pays où le nombre de dépistages a connu un accroissement significatif depuis dix ans, malgré les tabous, a indiqué un organisme officiel.

Dans le royaume, où toute relation sexuelle hors mariage ainsi que l'adultère sont punis par la loi, près de 30.000 personnes étaient porteuses du VIH en 2011, selon des chiffres de l'Organisation panafricaine de lutte contre le sida (Opals). Surtout, près de 80% des séropositifs ignoraient être infectés, d'après cette association.

Depuis 2003, le nombre de dépistages a fortement augmenté au Maroc, passant de 3.000 à 583.000, selon un document publié lundi par le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH). Durant cette même période, le nombre de personnes sous traitement antirétroviral est lui passé de 242 à 6.464.

Mais "la stigmatisation et la discrimination vis-à-vis des populations clés (...) constitue un obstacle à l'accès aux services", a fait valoir lundi le CNDH.

Cet organisme institutionnel a ainsi signé une convention avec le ministère de la Santé, dans le cadre du plan national 2012-16, devant permettre de mieux lutter contre les violations des droits de l'Homme dont sont victimes les catégories de la population les plus touchées.

"Notre travail consistera à former le maximum d'acteurs à l'approche des droits humains et à lutter contre les perceptions négatives", a indiqué à l'AFP son président, Driss el-Yazami.

"Le non respect" de ces droits "contribue à répandre la maladie et à en exacerber l'incidence", a de son côté admis le ministre de la Santé, Houssaine Louardi, évoquant notamment le cas des femmes et des enfants.

Selon des chiffres de l'Opals, la catégorie des 15-24 ans représente 10% des cas recensés ces dernières années et, parmi cette tranche d'âge, 61% des séropositifs sont des femmes.

Quelque "70% des femmes contaminées le sont par leur mari", a également précisé M. El-Yazami. Dans certaines régions du nord, où la consommation de drogues est répandue, le taux de prévalence atteint "près de 25%", a-t-il encore relevé.

Dans le cadre de la lutte contre le VIH, d'autres problèmes se posent, comme celui de l'usage du préservatif ou encore de la pénalisation de l'homosexualité, les relations entre personnes de même sexe étant passibles d'une peine de trois ans d'emprisonnement.

gk/feb

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