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Philippines: des pêcheurs chinois vont être inculpés malgré les avertissements de Pékin

12/05/2014 04:19 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT

La justice philippine a annoncé lundi son intention d'inculper des pêcheurs de tortues chinois, arrêtés la semaine dernière dans des eaux revendiquées par Manille et Pékin.

Les procureurs de Puerto Princesa, sur l'île de Palawan, devraient transmettre dans la journée leurs réquisitions au tribunal local, après avoir opposé une fin de non recevoir à deux diplomates chinois reçus un peu plus tôt.

"Les choses sont claires: nous avons un bateau chinois, des pêcheurs chinois, une prise de tortues de mer" protégées, a indiqué à l'AFP le procureur Allan Ross Rodriguez.

L'ambassade de Chine à Manille n'était pas immédiatement joignable pour réagir.

La police philippine a arraisonné le bateau battant pavillon chinois et arrêté ses 11 membres d'équipage la semaine dernière au large du "récif de la demi-lune" ("Banyue Jiao" en chinois, "Hasa Hasa" en philippin) qui fait partie des Spratleys, un archipel situé le long d'autoroutes maritimes en mer de Chine méridionale et dont les fonds recèleraient d'importantes quantités d'hydrocarbures.

La Chine et les Philippines s'en disputent la souveraineté.

Deux marins chinois mineurs ont été expulsés sans être poursuivis. Les neuf autres devraient être inculpés de braconnage et de pêche d'espèces protégées.

Le premier chef est passible de 200.000 dollars (145.000 euros) d'amende, le second de 20 ans de prison.

Des centaines de tortues de mer, vivantes et mortes, ont été saisies à bord du bateau chinois.

La Chine a exigé la libération immédiate de ses pêcheurs en faisant valoir sa "souveraineté indiscutable" sur le récif.

Son ministère des Affaires étrangères et son ambassade à Manille ont exhorté les Philippines à "cesser les actes de provocation" susceptibles de nuire aux relations bilatérales.

Le récif de la discorde est situé à 111 kilomètres à l'ouest de Palawan, l'archipel le plus à l'ouest de l'archipel philippin, à la frontière orientale des Spratleys.

La Chine estime jouir d'une souveraineté inaliénable sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale.

Les Philippines -- qui ont saisi à ce sujet en janvier 2013 un tribunal d'arbitrage des Nations unies --, le Vietnam, le sultanat de Brunei et Taïwan s'opposent à ses prétentions.

Mercredi, Hanoï a accusé des bateaux chinois, protégeant des installations de forage pétrolier dans des eaux disputées, d'avoir attaqué ses navires.

La Chine dispute en outre à Tokyo la souveraineté d'un archipel inhabité en mer de Chine orientale.

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