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Lituanie/présidentielle: Grybauskaite affrontera le social-démocrate Balcytis au 2e tour

12/05/2014 06:08 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

La présidente sortante Dalia Grybauskaite, arrivée largement en tête du 1er tour de l'élection présidentielle dimanche en Lituanie, alors qu'elle est très critique des agissements russes en Ukraine, affrontera au second tour le social-démocrate Zigmantas Balcytis, plus prudent à l'égard de Moscou.

Mme Grybauskaite a obtenu 45,9% des voix contre 13,7% pour son rival social-démocrate. Contrairement aux attentes de nombreux analystes, la "dame de fer" lituanienne n'a pas franchi la barre de 50% nécessaires pour être réélue dès le premier tour.

"Etant donné qu'il y avait sept candidats, le résultat est bon. J'espère vraiment que les mêmes personnes vont me soutenir (au second tour le 25 mai) et je vais essayer d'en convaincre d'autres d'ici deux semaines", a-t-elle déclaré lundi devant la presse.

Lors de la campagne électorale, Mme Grybauskaite, 58 ans, partisane de la fermeté à l'égard du voisin russe dans crise ukrainienne, s'était déclarée "prête à prendre les armes pour défendre le pays si la sécurité nationale le nécessitait".

"J'ai une position stricte de ne pas faire de compromis et de ne pas vendre la Lituanie pour pas grand chose", a-t-elle ajouté, critiquant son adversaire social-démocrate et eurodéputé.

M. Balcytis, 60 ans, est sur une ligne nettement plus prudente à l'égard de la Russie et a préféré faire campagne sur les questions sociales.

"J'ai une vision et des idées sur ce qu'il faut faire pour que les gens aient des emplois et gagnent de l'argent", a souligné cet ex-ministre des Transports puis des Finances, se réjouissant de sa présence inattendue au second tour.

Il a décoché lundi devant la presse une pique à son adversaire dans la course à la présidentielle, en affirmant qu'il "n'aurait jamais accepté de sauver le pays de la crise au détriment des personnes qui ont les revenus les plus faibles".

La présidente sortante, ancienne commissaire européenne au Budget, avait fermement soutenu le programme d'austérité quand la Lituanie avait basculé dans la crise en 2009.

La participation au scrutin a été de 52,10% contre habituellement moins de 50% des 2,5 millions d'électeurs dans ce pays. Une évolution que Kestutis Girnius, analyste à l'Université de Vilnius, attribue à l'inquiétude des électeurs suite à l'agression russe en Ukraine.

- Pronostics prudents -

Les analystes se montrent prudents dans leurs pronostics pour le second tour.

"La présidente sortante est la favorite, mais elle n'est pas infaillible. Balcytis peut recueillir pas mal de voix des autres candidats", souligne Ramunas Vilpisauskas, directeur de l'Institut des Relations Internationales et des Sciences Politiques à Vilnius.

Selon Bernaras Ivanovas, de l'Université Vytautas Magnus à Kaunas (centre), "Balcytis est quelqu'un de débonnaire. Son style et sa façon de s'exprimer sont très différents de Mme Grybauskaite. Il n'a pas ce ton de commandement, il essaie d'éviter la confrontation et cherche le compromis".

La Lituanie, ex-république soviétique, s'inquiète du potentiel militaire amassé par la Russie toute proche et des velléités de Moscou de reconquérir sa sphère d'influence.

La présidente sortante, ceinture noire de karaté, a accueilli fin avril en Lituanie des troupes américaines, alors que l'Otan renforce sa présence dans les pays baltes qui ont passé cinquante ans sous occupation soviétique jusqu'en 1991, avant de rejoindre en 2004 l'Otan et l'UE.

Elle a plaidé activement pour l'entrée de son pays dans la zone euro en 2015, y voyant un nouveau rempart contre la Russie.

Son rival social-démocrate insiste, au contraire, sur la nécessité d'un dialogue avec Moscou.

"Nous devons rechercher le dialogue avec la Russie. Tout type de paix vaut mieux que la guerre", estime M. Balcytis.

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