NOUVELLES

Les Chiefs de Kansas City misent sur un étudiant en médecine de McGill

12/05/2014 07:12 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

KANSAS CITY, États-Unis - Les longues heures d'entraînement de Laurent Duvernay-Tardif vont sembler être une récréation. Le livre de jeux aura des airs de bande dessinée. Réussir serait savoureux, tandis qu'échouer se limiterait à une déception.

Quand il a entendu son nom au sixième tour du repêchage de la NFL, samedi, le Montréalais est passé d'étudiant en médecine à McGill, qui passe 60 heures par semaine aux soins intensifs néonataux, à un aspirant bloqueur pour les Chiefs de Kansas City.

Duvernay-Tardif est certainement un cas des plus uniques parmi les nouvelles recrues de la NFL.

Combien de jeunes de 23 ans sont arrivés en retard pour écouter le repêchage parce qu'ils aidaient à la naissance de jumeaux par césarienne? Et combien d'autres ont passé le printemps à travailler dans des hôpitaux pour enfants?

Et combien, parmi ceux choisis par les clubs de la NFL, n'ont plus qu'un an de médecine à faire avant d'avoir le titre de docteur?

Mais pour l'instant, Duvernay-Tardif se concentre sur les Chiefs. Il compte se rendre à Kansas City cette semaine pour l'orientation des recrues, en vue d'un minicamp de trois jours à compter du 24 mai.

«Vous savez, il y a un an, mon rêve était de jouer dans la Ligue canadienne, a confié Duvernay-Tardif, qui a si bien joué à la Classique East-West, en janvier, qu'il s'est fait remarquer par plusieurs équipes, dont les Chiefs. Mais quand mon jeu a attiré de l'attention, j'ai constaté que c'est plutôt dans la NFL que je pourrais jouer.»

Il reste que le football universitaire canadien est bien loin de ce qu'on trouve en sol américain. McGill n'est pas l'Université de l'Alabama, ayant fourni un seul autre athlète repêché dans la NFL: le spécialiste des longues remises Randy Chevrier, choisi par Jacksonville en 2001.

Certaines règles diffèrent et les joueurs de la NFL sont plus gros, plus rapides et plus forts que jamais, ce qui fait que le Québécois pourrait se voir devant tout un défi, quand il va enfiler l'uniforme des Chiefs.

«Le niveau de compétition au Canada est assurément inférieur, mais les techniques pour bloquer et plaquer, ça ne change pas d'un pays à l'autre, a dit Pat Sperduto, qui est en charge du recrutement dans la région pour les Chiefs. Quand vous le regardez, vous réalisez que le jeune homme a de grandes habiletés physiques.»

En plus d'être imposant avec ses six pieds cinq et 315 livres, Duvernay-Tardif, selon que Sperduto a dit, joue avec une hargne qu'on n'associe pas facilement à l'aimable étudiant en médecine, qui a passé beaucoup de temps auprès d'enfants malades.

«Il a un très bon potentiel, a dit le d.g. des Chiefs, John Dorsey. Il va maintenant devoir apprendre, mais il a démontré un très haut niveau de jeu à la Classique East-West, et un joueur comme ça a le potentiel pour beaucoup évoluer.»

PLUS:pc