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Lagarde: la crise ukrainienne peut avoir "de lourdes conséquences économiques"

12/05/2014 03:35 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT

La présidente du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, avertit que la crise ukrainienne peut avoir "de lourdes conséquences économiques", dans une interview publiée lundi dans le quotidien économique allemand Handelsblatt.

"La crise en Ukraine constitue un danger que l'on peut encore très difficilement mesurer et dont le risque de contagion à d'autres pays n'est guère prévisible. Cependant, elle peut avoir de lourdes conséquences économiques", affirme Mme Lagarde qui sera reçue par la chancelière allemande Angela Merkel mardi à Berlin aux côtés des dirigeants de quatre autres grands organismes internationaux (OCDE, Banque Mondiale, Organisation mondiale du commerce et Bureau international du travail) pour discuter de la situation de l'économie mondiale, lors d'un rendez-vous annuel depuis 2007.

"La crise géopolitique en Ukraine a des effets sur le commerce international, sur les investissements directs étrangers. Elle a des conséquences sur les flux de capitaux internationaux et sur l'approvisionnement énergétique de l'Europe car l'Ukraine est un État par lequel transitent des livraisons d'énergie", a-t-elle détaillé.

Par ailleurs, souligne-t-elle, le programme d'aide de 17 milliards de dollars (12,3 milliards d'euros) que le FMI a consenti au pays ne sera pas suffisant.

"L'Ukraine a besoin de bien plus que 17 milliards de dollars. Par exemple sous la forme d'aides bilatérales venant de l'étranger ou d'aides financières de la part d'autres organisations financières internationales", déclare Mme Lagarde, selon laquelle "la communauté internationale n'a pas le choix".

"Nous ne pouvons pas simplement dire que la situation est trop délicate pour pouvoir donner de l'argent maintenant", ajoute-t-elle.

Dimanche, les séparatistes pro-russes du bassin du Donbass (est de l'Ukraine) ont revendiqué un "oui" massif à l'indépendance, lors d'une consultation qualifiée de "farce" par Kiev et l'Occident.

La crainte des autorités ukrainiennes et des occidentaux face à ce scrutin est de voir se reproduire un scénario similaire à celui qui a abouti en mars au rattachement de la Crimée à la Russie, plongeant l'Occident et la Russie dans leur pire crise depuis la fin de la Guerre froide.

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