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Des images de Boko Haram montreraient les écolières enlevées

12/05/2014 08:21 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

LAGOS, Nigeria - Une vidéo diffusée lundi par le réseau terroriste nigérian Boko Haram montrerait des dizaines d'écolières enlevées, vêtues d'un hijab et priant en arabe.

C'est la première fois que les filles sont aperçues depuis que plus de 300 d'entre elles ont été kidnappées pendant la nuit du 14 avril.

Dans une autre vidéo, le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, promet que les filles ne seront pas revues tant que le gouvernement n'aura pas libéré ses hommes. «Je jure à Allah tout puissant que vous ne les reverrez pas tant que vous n'aurez pas libéré nos hommes que vous avez capturés», dit-il.

On ne sait pas combien de membres de Boko Haram sont entre les mains des dirigeants nigérians.

Leurs familles ont indiqué que la majorité des écolières étaient chrétiennes, mais la centaine vue sur les images récitent des prières musulmanes en arabe. Plusieurs d'entre elles sont pieds nus. Certaines semblent apeurées et d'autres découragées.

Cinquante-trois filles ont réussi à s'enfuir par elles-mêmes et 276 autres manquent toujours à l'appel, selon la police.

La vidéo reçue lundi par l'Associated Press a été transmise par le biais des canaux habituellement utilisés par Abubakar Shekau, qui s'exprime dans la vidéo dans la langue hausa du nord du Nigeria.

Les États-Unis offrent une rançon de 7 millions $ US pour Shekau depuis l'an dernier.

L'incapacité du Nigeria à secourir les écolières provoque la colère internationale. Le Canada, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Chine, Israël, l'Espagne et l'agence policière Interpol ont tous offert leur aide aux responsables nigérians.

Le président nigérian Goodluck Jonathan a accepté de participer à un sommet sur la sécurité, samedi à Paris, pour discuter du réseau terroriste Boko Haram, qui a kidnappé plus de 300 écolières au Nigeria le mois dernier.

La France attend toujours confirmation de la présence des leaders des quatre pays limitrophes du Nigeria: le Bénin, le Cameroun, le Tchad et le Niger. Des représentants du Royaume-Uni, de l'Union européenne et des États-Unis seront aussi convoqués.

La tenue du sommet avait été suggérée par le président français François Hollande.

Pendant ce temps, les habitants d'une ville nigériane frontalière fréquemment attaquée par les militants de Boko Haram ont annoncé leur intention d'emménager au Cameroun voisin, puisqu'ils affirment ne plus pouvoir faire confiance à l'armée nigériane pour les protéger.

Une attaque de Boko Haram a fait quelque 300 morts à Gamboru la semaine dernière. Des habitants ont indiqué à l'Associated Press qu'ils continuent à trouver des corps, une semaine plus tard.

Un dirigeant de la ville, Bukar Mustapha, ajoute qu'un millier de commerces, des dizaines de maisons et plus de 300 véhicules ont aussi été détruits. L'attaque des militants a également lourdement endommagé un pont qui relie le Nigeria au Cameroun et au Tchad voisins.

Les résidants du village affirment que les soldats ont quitté peu de temps avant l'attaque.

«Nous avons plus de raisons que jamais de croire à un complot, parce que les soldats qui étaient auparavant déployés dans le village ont été retirés quelques heures avant l'arrivée (de Boko Haram)», a dit à l'Associated Press un représentant des villageois, Modu Bulama.

Les soldats auraient prétendu qu'ils étaient redéployés le long des routes menant au lac Tchad pour tenter de retrouver les écolières enlevées. Ce n'est pas la première fois qu'on évoque une possible collusion entre l'armée nigériane et Boko Haram.

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