NOUVELLES

Début du procès sur le partage d'actifs de l'ex-géant de la technologie Nortel

12/05/2014 12:55 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

TORONTO - Des retraités de Nortel se sont rassemblés dans une salle d'audience de Toronto, lundi, alors que des avocats se disputaient des millions de dollars tirés de la vente d'actifs de l'ancien géant de la technologie — une bataille qui pourrait avoir un impact majeur sur leur avenir financier et devrait établir un précédent pour les affaires internationales de faillite.

Les yeux rivés sur un énorme écran de projection, plus de 25 retraités ont pris place dans une salle bondée de la métropole canadienne pour assister, par le biais de la vidéo, au début du procès devant durer sept semaines des deux côtés de la frontière canado-américaine.

Les procédures ont lieu simultanément à Toronto et dans une salle d'audience de Wilmington,au Delaware. À l'enjeu, le partage parmi d'anciens employés, des retraités, des créanciers et des détenteurs d'obligations de 7,3 milliards $ provenant de la vente des brevets et autres actifs à l'étranger de Nortel.

L'avocat Brian O'Connor, qui représente des participants au régime de retraite de Nortel UK, a présenté Nortel comme une entreprise ayant été dépecée par des créanciers «qui se battent comme des chacals autour de la carcasse».

«Les querelles et les chicanes doivent cesser», a-t-il affirmé aux juges.

À son sommet à la fin des années 1990, Nortel valait près de 300 milliards $. L'entreprise comptait alors plus de 90 000 employés à travers le monde.

En 2009, Nortel a déclaré faillite en Amérique du Nord et en Europe, éliminant des milliers de postes. L'entreprise a souffert des conditions changeantes du marché, de l'instabilité économique et d'un scandale comptable dévastateur pour le cours de ses actions.

Les coûts de cette affaire s'élèvent à 1,185 milliard US $ depuis le début de 2009, selon Diane Urquhart, qui conseille d'anciens employés de Nortel. La plus importante partie des coûts a trait aux frais juridiques.

Lundi, les anciens employés de l'entreprise étaient largement moins nombreux que les avocats — au moins 50 juristes étaient présents à Toronto et de nombreux autres à Wilmington — dépêchés sur place pour se disputer les restes de ce qui a déjà été perçu comme le fleuron du secteur canadien de la technologie.

Alors que le bras de fer débutait, l'accent a été porté sur l'impact de l'affaire à l'étranger. Des avocats représentant les activités européennes de Nortel ont affirmé que leur division méritait une partie de l'argent généré par la vente de brevets, même si ces actifs appartenaient à la maison mère.

Il s'agit d'un des plus importants procès de faillite de l'histoire canadienne.

Environ 16 000 documents seront présentés, en baisse par rapport à un premier total de trois millions. Plus de 100 dépositions de témoins ont été recueillies.

PLUS:pc