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Chômage, énergie, commerce, tensions internationales: les chantiers de l'UE

12/05/2014 07:06 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

Lutte contre le chômage, sécurité énergétique, commerce, tensions internationales: les chantiers de l'UE pour les cinq prochaines années.

- Emploi et Europe sociale -

La lutte contre le chômage est la priorité absolue des responsables européens, même s'ils ne sont pas les mieux armés pour répondre à ce fléau qui touche 26 millions de personnes.

Les institutions européennes ont peu de prérogatives dans le domaine social, contrairement aux Etats. Elles ont déjà mis en place plusieurs instruments pour proposer des stages ou des formations aux jeunes de moins de 25 ans, comme la "Garantie jeunesse", ou ont lancé des programmes pour distribuer des fonds aux régions les plus touchées.

Même si certains défendent la politique de "consolidation budgétaire" et les programmes d'austérité lancés depuis le début de la crise, tous les candidats insistent sur la nécessité d'accélérer les mesures en faveur de la croissance.

A Bruxelles, on parie également sur les accords commerciaux, l'achèvement du marché intérieur ou le développement du numérique pour créer des emplois.

L'idée d'instaurer un salaire minimum dans chaque pays de l'Union, prônée par la gauche, a progressé, notamment depuis que l'Allemagne s'y est convertie à la faveur de la grande coalition entre les conservateurs et les sociaux-démocrates.

- Accord commercial avec les Etats-Unis -

Le "TTIP", lancé par la Commission Barroso, cristallise les peurs de l'opinion publique face à la mondialisation: manque de transparence et craintes de se voir imposer des OGM ou du poulet aux hormones notamment.

Les craintes se cristallisent actuellement sur les possibles ingérences des entreprises étrangères dans les politiques publiques, à travers la procédure d'arbitrage qui existe aux Etats-Unis.

Les désaccords entre les deux blocs sont nombreux, ralentissant les négociations déjà mises à mal par le scandale de l'espionnage américain fin 2013. Résultat: les chances de conclure ce qui devrait être le plus vaste accord de libre-échange au monde d'ici à la fin 2015 sont faibles.

L'avancée des négociations dépendra beaucoup du prochain commissaire européen en charge du Commerce et de la confiance qu'il saura rétablir avec les capitales européennes. L'actuel titulaire, Karel De Gucht, ne cache pas son souhait de rempiler.

- Politique énergétique et climat -

L'utilisation de l'énergie comme arme politique par la Russie pousse les Européens à diversifier et à sécuriser leurs approvisionnements. Toutes les options sont sur la table, y compris le nucléaire et le gaz de schiste.

L'objectif est de réduire l'état de dépendance et une facture annuelle de 400 milliards d'euros pour les achats européens de pétrole, de gaz et de charbon. La Communauté européenne de l'énergie s'impose comme le chantier des 10 prochaines années.

Il faudra composer avec les objectifs de la lutte contre le réchauffement du climat, imposer des abandons de souveraineté -- la composition du bouquet énergétique est une compétence nationale -- et surmonter les obstacles que vont dresser les grands groupes dont les intérêts seront menacés.

- Politique étrangère -

Tensions à l'est et au sud. Les dossiers chauds ne vont pas manquer, surtout dans le voisinage de l'UE, entre la déstabilisation à l'est créée par la crise ukrainienne et les fortes incertitudes au Proche-Orient et en Afrique du nord, trois ans et demi après le déclenchement des Printemps arabes.

L'UE va devoir repenser ses relations avec ces pays partenaires qui, à l'instar de l'Ukraine, veulent s'en rapprocher sans pour autant avoir de perspective d'adhésion.

Au sud, l'UE entend renforcer sa coopération avec les pays d'origine et de transit de l'immigration, notamment Afrique et Turquie, pour tarir l'immigration irrégulière et mettre en place des canaux d'immigration légale.

- Élargissement -

L'UE devrait demeurer un club à 28 pour les cinq prochaines années car aucun pays candidat n'est en passe de finaliser le processus d'adhésion. C'est notamment le cas de la Serbie et du Monténégro, tandis que le dossier de la Turquie semble au point mort.

La nouveauté pourrait venir de l'intérieur de l'UE avec les référendums sur la sécession à venir en Ecosse ou en Catalogne. La cohésion des 28 pourrait être mise à rude épreuve en raison des divergences sur la possibilité d'une Ecosse indépendante à entrer dans l'UE.

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