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Ban Ki-moon veut un tribunal spécial pour le Soudan du Sud

12/05/2014 02:51 EDT | Actualisé 12/07/2014 05:12 EDT

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé lundi à ce que soit mis sur pied un tribunal spécial pour le Soudan du Sud, affirmant qu'il avait des motifs raisonnables de croire que des crimes contre l'humanité y ont été commis depuis le début de violences déchirantes il y a cinq mois.

Le pays est plongé dans des affrontements ethniques qui ont fait des milliers de morts, depuis que le président Salva Kiir a congédié, en décembre, son ancien vice-président, Riek Machar, l'accusant d'avoir tenté d'orchestrer un coup d'État contre lui. M. Kiir appartient à la nation Dinka alors que M. Machar vient du peuple Nuer.

Les deux chefs se sont rencontrés en Éthiopie vendredi et ont signé un accord de paix, mais la violence a éclaté de nouveau au cours du week-end, alors que les deux parties se sont accusées mutuellement d'avoir violé le second accord de paix du conflit.

Le chef de l'ONU a applaudi l'entente de cessez-le-feu et a demandé la fin immédiate des combats. Il a réclamé «30 jours d'accalmie» pour que les agriculteurs puissent planter leurs semences en toute sécurité, afin d'éviter une famine dans le pays, qui a obtenu son indépendance en 2011.

Lors d'une visite au Soudan du Sud la semaine dernière, M. Ban a affirmé que, depuis le début du conflit, «plusieurs milliers de Sud-Soudanais ont été tués, des atrocités ont été commises des deux côtés, plus d'un million de personnes ont été déplacées et près de cinq millions ont besoin d'aide humanitaire».

Dans un rapport dévoilé la semaine dernière, l'ONU soutient que les droits humains ont été gravement violés au Soudan du Sud.

Ce rapport, a affirmé M. Ban, «souligne le degré des atrocités commises par toutes les parties». Il a ajouté qu'un tribunal spécial ou hybride dans lequel s'impliquerait la communauté internationale devrait être considéré.

La responsable des droits humains de l'ONU, Navi Pillay, a rapporté avoir informé MM. Kiir et Machar qu'ils feraient «inévitablement l'objet d'enquêtes internationales», afin de déterminer à quel point ils savaient ou non que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité avaient été commis par des gens sous leur autorité.

Les élections reportées

Par ailleurs, le gouvernement sud-soudanais a annoncé lundi, sur son compte Twitter, qu'il reportait les élections prévues l'an prochain de deux ou trois ans, afin de se concentrer sur la réconciliation de son peuple.

Cette annonce unilatérale ne sera sans doute pas bien accueillie par M. Machar et par les partenaires internationaux du pays, notamment les États-Unis, qui se sont impliqués pour aider le Soudan du Sud à se séparer du Soudan pacifiquement après des décennies de guerre.

Selon la constitution intérimaire du pays, des élections devaient se tenir en juillet 2015, même si M. Kiir avait déjà laissé entendre que le vote pourrait être repoussé, suscitant l'inquiétude des membres de l'opposition qui craignaient que le président tente d'allonger son règne.

Le Soudan du Sud n'a jamais tenu d'élections générales. En janvier 2011, il a tenu un référendum sur son indépendance. À plus de 98 pour cent, les citoyens ont voté en faveur de la séparation. M. Kiir était le plus haut dirigeant de la région, et il a été nommé président lorsque le Soudan du Sud est devenu un pays.

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