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«Twincest», Bruce LaBruce brise un nouveau tabou

11/05/2014 11:20 EDT | Actualisé 11/05/2014 11:20 EDT
Courtoisie

Dans son plus récent film, Gerontophilia bientôt à l’affiche au Québec, Bruce LaBruce (Hustler White) s’intéresse à l’attirance d’un garçon pour des hommes beaucoup plus âgé. Voilà maintenant que le trublion du cinéma queer planche déjà sur un nouveau scénario à controverse nommé Twincest (titre provisoire) où deux vrais jumeaux tombent amoureux l’un de l’autre.

Attention scandale!

Le réalisateur torontois continue ainsi son exploration cinématographique sur les formes de sexualités en marge de la société. «Twincest est directement inspiré de la porno gay sur Internet, explique-t-il en entrevue pour le Huffington Post Québec. On peut facilement trouver des vidéos montrant des scènes de sexe entre vrais jumeaux. Je me suis toujours demandé pourquoi cette forme d’inceste était plus acceptée que les autres.»

En s’attaquant à un nouveau tabou, Bruce LaBruce prévient que ce film sera différent de Gerontophilia, sorte d’incursion plus introspective sur une attirance particulière. «Avec Twincest, je veux réaliser un long métrage un peu plus frontal. Les gens vont crier sur leur siège», dit-il en riant.

Il tient tout de même à préciser que ce ne sera pas une œuvre pornographique. «C’est un film qui se concentre davantage dans la psychologie des personnages. Dominic et Daniel, les frères jumeaux que je mets en scène ont été séparés à la naissance par leur mère lesbienne après une relation adultérine. Ils n’ont pas grandi ensemble. Ils se rencontrent sans savoir qu’ils sont des jumeaux. Ils vont alors connaître une histoire d’amour intense mêlée de sexe, de vengeance et de rédemption, jusqu’à ce que la vérité soit révélée», raconte-t-il.

Bruce LaBruce a toujours porté un intérêt sur les tabous sexuels. «Celui des jumeaux s’adonnant à des relations intimes m’a toujours fasciné, car on ne sait pas vraiment où est la limite. Je veux explorer avec ce film ce qui est acceptable ou non. Dominic a été élevé dans une famille aimante résidant à Québec, alors que Daniel a été victime d’un prêtre dépravé», dit-il.

Toutefois, le scénario «à la Brian De Palma» se referme comme un piège. Au stade de l’écriture, le réalisateur ne sait pas encore qui pourra interpréter les personnages principaux. «Franchement, je ne sais pas s’il existe deux acteurs jumeaux capables d’interpréter ce genre de rôles. Cela risque d’être très difficile à trouver. On va peut-être utiliser des effets spéciaux pour faciliter les choses comme par exemple dédoubler un seul comédien.»

Le film dont le récit se déroule dans les années 1970 sera tourné à Québec. «Il y aura aussi des scènes prévues dans le bois, précise LaBruce. J’aimerai que le film possède une âme québécoise de cette époque comme celle que l’on peut retrouver dans Les Bons débarras de Francis Mankiewicz.»

Produit par 1976 Productions, Twincest devrait sortie en salles au courant de l’année 2016.

L’entrevue a été réalisée à Toronto grâce à l’invitation de Téléfilm Canada.

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