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Nouveaux affrontements au Soudan du Sud en dépit du cessez-le-feu

11/05/2014 09:52 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - De nouveaux affrontements ont éclaté au Soudan du Sud, dimanche, moins de 48 heures après que le président du pays et le leader des rebelles eurent conclu un cessez-le-feu avec le concours du secrétaire d'État américain, John Kerry, et du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Les organismes humanitaires et les observateurs ont salué l'accord de vendredi soir, mais certains se sont montrés sceptiques quant aux chances que l'entente se traduise par une véritable paix sur le terrain. Leurs craintes se sont avérées fondées puisque des combats ont eu lieu dimanche pour le contrôle d'une ville stratégique où d'horribles crimes contre l'humanité ont déjà été commis.

Chaque camp accuse l'autre d'avoir relancé les hostilités.

Le ministre sud-soudanais de la Défense, Kuol Manyang Juk, a déclaré que les rebelles avaient attaqué les troupes gouvernementales à Bentiu tôt dimanche matin. Il a affirmé que les forces du président Salva Kiir avaient tués 27 insurgés et saisi quelques armes.

Le brigadier général Lul Ruai Kong, un porte-parole de l'insurrection menée par l'ancien vice-président Riek Machar, a de son côté soutenu que les soldats de M. Kiir avaient été les premiers à enfreindre le cessez-le-feu en lançant un assaut contre les rebelles dans deux États.

Les travailleurs humanitaires espéraient que l'accord de vendredi permettrait aux habitants de retourner à leur domicile et de cultiver leurs terres. Plus de 1,3 million de personnes ont fui leur maison en raison des combats et les experts estiment que, si les résidants n'ensemencent pas leurs champs d'ici la fin du mois de mai, le pays risque d'éprouver des problèmes d'approvisionnement en denrées alimentaires voire d'être frappé par la famine.

Selon un rapport de l'ONU publié la semaine dernière, les affrontements au Soudan du Sud, qui opposent essentiellement les ethnies Dinka et Nuer, ont fait des milliers de morts et donné lieu à des crimes contre l'humanité «à grande échelle».

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