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Mondial-2014: l'Espagne entre euphorie et aléas à un mois du Brésil

11/05/2014 05:25 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT

L'Espagne, qui vise un deuxième titre consécutif au Mondial cet été, semble bien armée à un mois du grand rendez-vous brésilien, mais l'exceptionnelle percée européenne de ses clubs risque néanmoins d'être à double tranchant.

Les conquistadors espagnols ont pour eux un effectif très talentueux, une expérience sans égale et un jeu de passes huilé, ce "toque" qui leur a permis de conquérir deux Euros d'affilée (2008, 2012) entrecoupés d'une Coupe du monde (2010).

La confiance est donc de mise, surtout que le vivier d'internationaux est riche et que le sélectionneur Vicente Del Bosque n'a pas hésité à injecter du sang neuf dans son groupe en appelant notamment le fougueux attaquant hispano-brésilien Diego Costa.

Et cette folle saison qui s'achève, avec deux représentants en finale de la Ligue des champions (Atletico et Real Madrid) et un en Europa League (Séville), ne fait qu'alimenter l'euphorie du pays.

Mais la presse espagnole veut aussi voir le revers de la médaille: cette épopée européenne risque de se traduire par de la fatigue et des blessures, tandis que l'expérience de la "Roja" a pour corollaire un vieillissement de ses cadres.

"L'équipe a pris quelques années de plus, le regard des joueurs n'est plus le même, il y a des joueurs clés qui commencent à décliner", a expliqué à l'AFP Alfredo Relaño, directeur du quotidien sportif As, évoquant le Barcelonais Xavi (34 ans) et le Madrilène Xabi Alonso (32 ans).

- La crainte d'une blessure de dernière minute -

D'autres joueurs importants ont été blessés ces dernières semaines et s'ils en ont profité pour souffler un peu, ils risquent d'aborder le Mondial en manque de rythme.

Touchés tour à tour, le défenseur barcelonais Gerard Piqué (hanche) et le meneur de jeu du Bayern Munich Thiago Alcantara (genou) sont seulement en phase de reprise, tandis que le milieu offensif David Silva (cheville) a rejoué le week-end dernier avec Manchester City.

Le portier barcelonais Victor Valdes, l'un des trois gardiens inamovibles des listes de Del Bosque ces dernières années, a pour sa part tiré un trait sur le Mondial lorsqu'il s'est gravement blessé à un genou fin mars. Il devrait être remplacé par le jeune David De Gea, gardien de Manchester United.

La crainte de Del Bosque est qu'à la liste des blessés s'ajoutent d'autres noms: le Real et l'Atletico doivent s'affronter pour une finale de C1 qui s'annonce comme un sommet d'engagement physique le 24 mai, soit la veille de l'annonce de la liste.

"Les compétitions sont très intenses, a reconnu le sélectionneur il y a quelques semaines. Les matchs sont très durs et nous devons être prêts si quelqu'un se blesse."

Les "Colchoneros" Juanfran, Koke et Diego Costa et les Merengues Iker Casillas, Sergio Ramos et peut-être Dani Carvajal et Isco sont autant de finalistes pressentis pour faire partie des 23 de Del Bosque.

- "Une histoire différente" -

D'où le risque que la mainmise espagnole sur la scène européenne ne nuise à la domination de l'Espagne sur le football mondial: les joueurs aborderont la Coupe du monde avec une excellente dynamique mais aussi beaucoup de fatigue, ce qui peut compter au Brésil sous des températures parfois étouffantes.

Le cas des internationaux barcelonais est un peu différent: sous la houlette de Gerardo Martino, ils ont beaucoup tourné cette saison. Il leur faudra néanmoins digérer une année difficile, marquée notamment par une élimination en quarts de C1 devant l'Atletico et une défaite en finale de la Coupe du Roi face au Real (2-1).

"Les footballeurs savent faire la distinction entre le club et la sélection, a assuré Martino il y a quelques jours. La bataille pour le Mondial sera une histoire totalement différente."

Reste un dernier problème, davantage lié à une fin de saison électrique: l'Atletico va affronter en une semaine le FC Barcelone lors de la dernière journée de Liga, puis le Real Madrid en finale de C1.

Or, Vicente Del Bosque a mis en garde ses joueurs contre d'éventuelles querelles intestines après les derbys madrilènes très tendus au début de l'année.

"Il y a des choses que je n'aime pas, a dit Del Bosque. Chacun doit se concentrer sur son jeu et défendre son équipe, mais on ne doit pas voir certains comportements."

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