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L'Iran n'acceptera pas l'"apartheid nucléaire" (Rohani)

11/05/2014 03:26 EDT | Actualisé 10/07/2014 05:12 EDT

L'Iran n'acceptera pas l'"apartheid nucléaire" en renonçant à son programme atomique mais est prêt à "plus de transparence", a affirmé dimanche le président Hassan Rohani, avant la reprise des négociations avec les grandes puissances.

Téhéran refuse de céder son droit à maîtriser un programme nucléaire pacifique, notamment en acceptant une limitation de son programme d'enrichissement d'uranium comme l'ont demandé récemment des responsables américains et français.

L'Iran et les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) doivent reprendre mardi leurs négociations à Vienne pour préparer un accord définitif sur le dossier nucléaire.

"Nous voulons satisfaire les intérêts de la nation iranienne et nous n'accepterons pas l'apartheid nucléaire", a déclaré le président Rohani lors d'un discours dans les locaux de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).

"Notre technologie et notre science nucléaires ne sont pas sur la table" pour être négociées, "ce que nous pouvons proposer à la communauté internationale c'est plus de transparence", a-t-il dit, cité par l'agence Isna.

L'objectif des négociations est de garantir que le programme de Téhéran, soupçonné de cacher un volet militaire, est uniquement pacifique, en échange d'une levée totale des sanctions internationales qui étranglent son économie.

"Nous voulons dire au monde que nos ennemis mentent" en accusant l'Iran de chercher à développer l'arme atomique, a-t-il ajouté, assurant que l'Iran n'avait "mené aucune activité secrète".

Les membres du groupe 5+1 doivent savoir que "nous ne reculerons pas d'un iota en matière de technologie nucléaire", a répété M. Rohani.

L'Iran et le 5+1 s'opposent sur l'ampleur du futur programme d'enrichissement d'uranium, notamment le nombre des centrifugeuses et les caractéristiques du réacteur à eau lourde d'Arak. Ce réacteur, encore en construction, inquiète les Occidentaux car il pourrait en théorie fournir à l'Iran du plutonium, susceptible d'offrir une alternative pour la fabrication d'une bombe atomique.

Téhéran a proposé de modifier le réacteur pour limiter la production de plutonium, s'engageant par ailleurs à ne pas construire d'usine de retraitement, nécessaire pour utiliser le plutonium à des fins militaires.

De son côté, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré qu'il ne fallait pas "lier certains besoins du pays et certains problèmes comme les sanctions aux négociations nucléaires", a rapporté l'agence Irna.

"Les responsables doivent régler la question des sanctions par d'autres moyens", a-t-il ajouté lors d'une visite d'une exposition organisée par les Gardiens de la révolution, armée d'élite du régime, sur les progrès militaires de l'Iran.

Il a ajouté que l'Iran ne limitera pas son programme balistique comme le réclament les Etats-Unis, Israël et certains pays européens.

Les Etats-Unis et les pays européens "demandent que l'Iran limite son programme balistique alors qu'ils menacent militairement en permanence. Par conséquent une telle attente est stupide", a-t-il ajouté.

L'Iran a développé un vaste programme balistique, avec notamment des missiles d'une portée de 2.000 kilomètres capables d'atteindre Israël et les bases américaines dans la région.

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