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Dans le Caucase, Hollande affiche sa fermeté sur l'Ukraine

11/05/2014 05:22 EDT | Actualisé 11/07/2014 05:12 EDT

Dès son arrivée à Bakou pour une tournée dans le Caucase, François Hollande a réagi vivement à l'organisation d'un référendum d'indépendance dans les fiefs pro-russes de Donetsk et Lougansk dans l'Est ukrainien, dénonçant de "vraies-fausses" consultations "nulles et non avenues".

Le chef de l'État français est entré dans le vif du sujet, profitant de l'inauguration du nouveau lycée français de Bakou pour afficher sa fermeté dans une région, le Caucase du Sud, qui vit dans l'ombre du géant russe, les yeux rivés sur la crise ukrainienne.

Pour François Hollande, "la seule élection qui vaudra" en Ukraine sera l'élection présidentielle du 25 mai, "qui va permettre de désigner le président de toute l'Ukraine", la "seule autorité légitime" avec laquelle "les uns et les autres et notamment les Russes pourront discuter".

Si cette présidentielle ne pouvait se tenir en raison de "provocations", d'"empêchements" ou d'"intrusions", il "sera nécessaire de passer à un autre niveau de sanctions" contre Moscou, a-t-il de nouveau averti.

Après l'Azerbaïdjan, François Hollande se rendra lundi en Arménie puis mardi en Géorgie. La France entend doper ses échanges économiques balbutiants avec ces trois ex-Républiques soviétiques dont elle souhaite aussi encourager le rapprochement avec l'Union européenne.

Les trois jeunes États visités d'ici à mardi entretiennent des relations complexes et parfois conflictuelles avec la Russie de Vladimir Poutine qui s'agace de voir l'UE les courtiser tout comme elle s'était opposée au rapprochement entre l'Union européenne et Kiev.

Les relations russo-géorgiennes, en particulier, ont été sérieusement mises à mal par la guerre éclair qui avait opposé les deux pays en 2008. Un cessez-le-feu avait mis fin au conflit mais Moscou avait reconnu dans la foulée l'indépendance de deux territoires séparatistes géorgiens pro-russes, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie.

Dans ce contexte et celui des efforts des Occidentaux pour convaincre Moscou de contribuer à une "désescalade" de la tension en Ukraine, M. Hollande devrait toutefois rester discret notamment en Géorgie, pays qui entend rejoindre l'UE mais aussi l'Otan, au grand dam de Moscou.

De source diplomatique française, on indique qu'une réunion entre Ukrainiens -autorités de Kiev et pro-russes- pourrait par ailleurs se tenir dès mercredi en Ukraine sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

- Diplomatie économique -

Comme dans la plupart de ses déplacements à l'étranger, François Hollande, adepte d'une "diplomatie économique", est accompagné d'une importante délégation de dirigeants d'entreprises.

Les relations commerciales avec l'Azerbaïdjan, tout particulièrement, apparaissent très déséquilibrées avec, en 2013, 266 millions d'euros d'exportations françaises pour 1,7 milliard d'importations, des hydrocarbures pour l'essentiel.

L'ONG de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) a, de son côté, exhorté François Hollande "à évoquer les vives préoccupations concernant les droits de l'homme" en Azerbaïdjan lors de son entretien dimanche soir avec son homologue azéri Ilham Aliev.

Accusant Bakou d'avoir emprisonné des dizaines d'opposants et attenté aux droits fondamentaux, HRW fait valoir que la visite présidentielle française représente une occasion "cruciale" de soulever ces questions.

Le président français a par ailleurs souligné dimanche à Bakou que la France "ferait tout" pour que l'Azerbaïdjan et l'Arménie vivent "en paix" et "se réconcilient" après le conflit du Haut Karabakh qui les avait opposés il y a une vingtaine d'années.

Il en va de "l'intérêt des deux pays", a-t-il souligné, relevant que son arrivée à Erevan, où il est attendu lundi, coïnciderait avec le 20e anniversaire de l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie.

Bakou continue de revendiquer fermement la région du Haut Karabakh, dont les séparatistes arméniens soutenus par Erevan ont pris le contrôle pendant une guerre qui a fait plus de 30.000 morts au début des années 90.

Depuis le cessez-le-feu signé le 5 mai 1994, aucun progrès significatif n'a été enregistré dans la résolution de ce "conflit gelé".

Mais alors que le rattachement de la Crimée à la Russie a créé un dangereux précédent, François Hollande devrait profiter de sa visite à Bakou et Erevan pour appeler ses homologues à prendre des "mesures de confiance" réciproques, selon son entourage.

ha/lv

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