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Ukraine: l'Est sous tension à la veille des référendums d'indépendance

10/05/2014 07:58 EDT | Actualisé 10/07/2014 05:12 EDT
Anadolu Agency via Getty Images
DONETSK, UKRAINE - MAY 10: Awaiting of pro-Russian separatists keeps going on at the government building seized by Russian supporters in Donetsk, Ukraine on May 10, 2014. (Photo by Burak Akbulut/Anadolu Agency/Getty Images)

L'Allemagne et la France ont durci le ton samedi à la veille des référendums en Ukraine ouvrant la voie à une déclaration d'indépendance d'une partie de l'est du pays.

Les séparatistes s'apprêtent à tenir dimanche un référendum sur l'indépendance des «républiques populaires» autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, frontalières de la Russie.

Ce scrutin pourrait ouvrir la voie à un éventuel rattachement du bassin minier du Donbass à la Russie. Les régions de Donetsk et de Lougansk, qui le composent, sont fortes au total de 7,3 millions d'habitants sur les 45,5 millions que compte l'Ukraine.

Les autorités ukrainiennes de leur côté se déclarent déterminées à mener à bien le scrutin présidentiel anticipé du 25 mai, en dépit des violences et "provocations" mises en oeuvre pour le faire dérailler et qu'elle imputent à Moscou.

Ce vote doit permettre l'élection du successeur du pro-Russe Viktor Ianoukovitch, destitué fin février après trois mois de contestation pro-européenne.

«Il peut y avoir des voix contre»

Les rebelles des régions de l'Est affirment que tout sera prêt à temps pour le vote et se disent certains que la population approuvera leur projet, en dépit de sondages suggérant au contraire qu'une grande partie des habitants de l'Est du pays sont favorables à l'unité de l'Ukraine.

A Slaviansk, ville de 110 000 habitants proche de Donetsk et bastion des insurgés, le maire auto-proclamé Viatcheslav Ponomarev a déclaré samedi s'attendre à une «participation de 100%».

«Il peut y avoir des voix contre», celles des «bourgeois», a-t-il admis, ajoutant cependant: «Sitôt après le référendum, la "République populaire de Donetsk" commencera à fonctionner». «Si la population le veut, on rejoindra la Russie», a-t-il ajouté.

«Le référendum est le seul moyen pour éviter l'escalade de la violence et la guerre», a de son côté affirmé samedi Roman Lyaguine, chef de la commission électorale de la république séparatiste de Donetsk.

«Si la réponse au référendum est oui, cela ne veut pas dire que notre région va rejoindre la Russie», a-t-il ajouté.

Kiev et les Occidentaux ne cachent pas leur crainte de voir se produire un scénario similaire à celui qui a abouti en mars au rattachement de la Crimée à la Russie après un référendum, et s'est traduit par la pire crise diplomatique entre Occident et Russie depuis la fin de la Guerre Froide.

Selon le FMI, les provinces de l'Est représentent plus de 21% du PIB ukrainien (contre seulement 3,7% pour la Crimée) et 30% de sa production industrielle.

«Les référendums planifiés dans plusieurs villes à l'est de l'Ukraine sont illégaux», ont affirmé samedi la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande dans une déclaration conjointe.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande ont menacé la Russie de «conséquences» en cas de non-tenue des élections présidentielles prévues en Ukraine le 25 mai et appelé la Russie à faire un geste visible et à cesser ses manoeuvres militaires à la frontière ukrainienne.

Ils ont aussi rappelé à l'intention du gouvernement de Kiev que «l'usage légitime de la force pour protéger les biens et les personnes doit être proportionné». Les autorités ukrainiennes sont engagées depuis huit jours dans une opération militaire dans l'est qui s'est soldée par plusieurs dizaines de morts.

Vendredi, de violents combats ont opposé les insurgés pro-russes aux forces armées ukrainiennes dans la ville portuaire de Marioupol (sud-est). Les affrontements ont commencé lorsqu'une soixantaine d'insurgés équipés d'armes automatiques ont attaqué le siège local de la police.

Les affrontements ont causé la mort de 20 assaillants et de plusieurs policiers, a affirmé le ministre ukrainien de l'Intérieur, Arsen Avakov.

Des incidents entre militaires et militants pro-russes armés se sont également produits vendredi à Donetsk.

Signe de la nervosité ambiante, une équipe humanitaire de la Croix-Rouge composée d'un Suisse et de huit Ukrainiens a été arrêtée vendredi soir par les insurgés pro-russes à Donetsk en raison de soupçons d'"espionnage", et libérés quelques heures plus tard.

Poutine défie l'Occident

De son côté, M. Poutine a une nouvelle fois défié l'Occident en se rendant vendredi en personne en Crimée. Il s'agit de sa première visite dans la péninsule depuis que Kiev en a perdu le contrôle en mars.

A Sébastopol, port d'attache historique de la Flotte russe de la mer Noire en Crimée, le président russe a participé à des célébrations de la victoire de 1945 sur les nazis. Les chaînes russes ont largement diffusé des images du président russe acclamé par la foule.

Le maître du Kremlin a répété que le rattachement de la Crimée à la Russie constituait un acte de «fidélité à la vérité historique».

Kiev a aussitôt dénoncé une «violation flagrante de la souveraineté ukrainienne» et les Etats-Unis ont estimé que cette visite ne fait qu'«exacerber les tensions». «La Crimée appartient à l'Ukraine», a souligné la Maison Blanche.

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