POLITIQUE

Moratoire sur les travailleurs étrangers : Québec fera pression sur Ottawa

10/05/2014 06:13 EDT | Actualisé 10/05/2014 06:13 EDT
Radio-Canada

La ministre québécoise de l'Immigration, Kathleen Weil, exercera de la pression sur son homologue fédéral afin que les restaurateurs québécois soient exclus du moratoire décrété par Ottawa sur le programme d'embauche de travailleurs étrangers temporaires.

Rappelons que le gouvernement fédéral a récemment suspendu ce programme. Ottawa a pris cette décision après que trois succursales de la bannière McDonald's de Victoria aient fait l'objet d'enquêtes en raison d'allégations selon lesquelles des employés canadiens auraient été remplacés par des travailleurs étrangers venus au pays, en vertu de ce programme.

En marge de la traditionnelle cérémonie d'accueil des nouveaux arrivants qui se déroulait samedi dans la capitale, la ministre Weil a fait savoir qu'une telle décision du gouvernement fédéral ne sera pas sans conséquence pour l'industrie de la restauration au Québec.

« Un moratoire comme ça, ça peut vraiment nous faire mal », a lancé la ministre Weil.

Cette dernière a fait savoir qu'elle rencontrera lundi le ministre fédéral de l'Immigration, Chris Alexander. La ministre québécoise de l'Immigration compte aussi avoir des discussions avec le ministre fédéral de l'Emploi, Jason Kenney.

« C'est pressant, absolument! C'est le message que je voudrais lancer. C'est de ça que je veux discuter pour qu'on puisse trouver une solution rapidement pour cet été », a dit Mme Veil.

Craintes chez les restaurateurs

Le moratoire décrété par Ottawa inquiète plusieurs restaurateurs québécois, notamment dans la capitale. Son maintien risque de causer des maux de tête aux propriétaires de restaurant. Certains d'entre eux peinent déjà à trouver des chefs cuisiniers et ils doivent souvent recruter à l'étranger.

James Monti, copropriétaire du restaurant L'Atelier sur la Grande Allée, raconte que les deux cuisiniers qu'il avait recrutés en France ne peuvent plus venir lui prêter main-forte. En effet, ils n'ont plus droit au permis de travail accordé dans le cadre du programme fédéral des travailleurs étrangers temporaires.

« Ici à Québec, à mon avis, on manque vraiment grandement de cuisiniers de toutes qualifications, autant comme chef, comme sous-chef, etc. Pour nous, c'était vraiment ce programme qui permettait de combler ce manque », dit-il.

Le copropriétaire du restaurant L'Atelier dit avoir tenté d'exercer de la pression sur Ottawa pour que le gouvernement fédéral fasse preuve de souplesse, mais sans succès.

Il en va pourtant de la survie de certains restaurateurs, dit James Monti. « Je connais des restaurateurs qui songent à peu près tous les jours d'abandonner pratiquement ce métier à cause, entre autres, du manque de personnel. »

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