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Le président malien dément des accusations de corruption liées à l'homme d'affaires Michel Tomi

10/05/2014 01:07 EDT | Actualisé 10/07/2014 05:12 EDT

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta dément des accusations de corruption portées à son encontre dans le cadre d'une enquête sur l'homme d'affaires Michel Tomi pour fraude fiscale entre l'Afrique et la France, dans un entretien à Jeune Afrique à paraître dimanche.

Des juges français enquêtent depuis juillet sur le Français Michel Tomi, très implanté en Afrique, pour blanchiment en bande organisée de fraude fiscale, abus de biens sociaux, fraude en écriture privée, ainsi que pour recel et complicité de ces délits.

Selon un article du quotidien Le Monde publié fin mars, les juges ont demandé à pouvoir étendre leur enquête à des faits de corruption d'agent étranger, les enquêteurs s'intéressant notamment aux relations entre Michel Tomi et le président malien.

Pour "IBK", arrivé au pouvoir en septembre 2013, "il n'a jamais, au grand jamais, été question d'argent" avec l'homme d'affaires, qu'il considère "comme un frère" depuis qu'il l'a rencontré en 1995 à Bamako par l'intermédiaire de l'ancien président gabonais Omar Bongo.

Le président malien affirme notamment que Michel Tomi n'a pas réglé la note de ses séjours parisiens avant et après son élection ni payé son déplacement privé en décembre 2013 à Marseille (sud de la France) pour raisons de santé.

Il affirme en outre avoir loué, et non emprunté, les avions d'Afrijet, la compagnie de Michel Tomi, lors de la campagne de la présidentielle de 2013 et ne pas détenir de parts dans une salle de jeux à Bamako, propriété de l'homme d'affaires.

"Je crois qu'IBK dérange", estime le président -- qui parle de lui à la troisième personne -- pour expliquer ces accusations. "Voilà un homme singulier, qui ne parle pas le français petit nègre(...). Un homme au nationalisme sourcilleux à qui répugne tout ce qui porte atteinte à la dignité de l'Africain et qui a en horreur l'appât du gain".

Fin mars, le gouvernement malien avait dénoncé l'article du Monde, en indiquant avoir saisi des avocats pour étudier "toutes les suites judiciaires possibles". De source proche de la défense du président malien, la plainte envisagée contre le journal n'a pas encore été déposée.

Le président malien indique par ailleurs qu'un accord de coopération en matière de défense et de sécurité avec la France sera signé le 25 mai lors de la visite du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Une crise politico-militaire a secoué le Mali entre 2012 et 2013. Une intervention militaire internationale déclenchée par la France en janvier 2013 - et toujours en cours - a aidé à neutraliser en partie des groupes islamistes armés qui ont occupé le nord du pays pendant près de dix mois.

blb/sba

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