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Crise en Ukraine: l'Union européenne cherche à peser

10/05/2014 07:27 EDT | Actualisé 10/07/2014 05:12 EDT

L'Union européenne va tenter la semaine prochaine de peser davantage dans la crise ukrainienne en affichant avec force son soutien à Kiev et en menaçant la Russie de nouvelles sanctions ciblées si les promesses de désescalade ne se concrétisaient pas.

Pour la première fois depuis le début de la crise, Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, qui représente les 28 dirigeants de l'UE, se rendra lundi à Kiev.

Son objectif est de "poursuivre les discussions sur la façon de stabiliser la situation en Ukraine avant l'élection présidentielle du 25 mai, de mettre fin aux violences en Ukraine et de créer un dialogue national sans exclusive", a expliqué M. Van Rompuy.

Mardi, ce sera au tour du gouvernement pro-européen de Kiev, conduit par le Premier ministre Arseni Iatseniouk, de venir à Bruxelles pour y rencontrer la Commission européenne.

Cette visite inédite vise à accélérer la mise en oeuvre du vaste plan d'assistance, d'un total de 11 milliards d'euros, annoncé par l'UE lors de la signature du volet politique d'un accord d'association avec l'Ukraine début mars.

Bruxelles a commencé à débourser des fonds, mais "le processus est complexe à mener en raison de la fragilité des nouvelles autorités et de la forte instabilité du pays", souligne un responsable européen.

L'une des questions les plus urgentes à régler concerne l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine, frappée de plein fouet par le bond des prix réclamés par la Russie, son principal fournisseur.

Une nouvelle réunion se tiendra lundi à Bruxelles entre experts européens, ukrainiens et russes en vue de prévenir la perspective de coupures de gaz.

- Épineuses sanctions -

Sur le plan politique, les ministres des Affaires étrangères de l'UE se retrouveront lundi à Bruxelles après les dernières déclarations, jugées contradictoires, du président russe Vladimir Poutine. "Nous sommes dans l'expectative", a indiqué un diplomate. "D'un côté, Poutine semble plus conciliant en demandant le report du référendum des séparatistes de l'est de l'Ukraine (prévu dimanche). Mais, de l'autre, il se rend en Crimée, ce qui ne peut que crisper Kiev", selon lui.

Les 28 en discuteront avec le président en exercice de l'OSCE, le Suisse Didier Burkhalter, qui a rencontré M. Poutine mercredi.

Dans ce contexte d'incertitudes, les Européens veulent rester "vigilants" et garder toutes les options ouvertes. Notamment celle d'étendre les sanctions, qui touchent actuellement 48 Russes et Ukrainiens pro-russes, sous forme de gel des avoirs et interdiction de voyage dans l'UE.

A la lumière de l'évolution de la situation durant le week-end, les ministres pourraient décider d'élargir la base légale des sanctions afin qu'elles puissent viser des personnes jugées responsables de menacer la "stabilité" de l'Ukraine.

Ils pourraient en outre inclure des "entités", notamment celles ayant bénéficié du rattachement de la Crimée à la Russie.

Samedi en Allemagne, les dirigeants allemand et français Angela Merkel et François Hollande ont lié un renforcement des sanctions à l'élection du 25 mai. En cas d'"échec", qui "déstabiliserait encore plus le pays", des "conséquences appropriées devraient être tirées", ont-ils averti.

Si les 28 ont jusqu'à présent réussi à afficher un front uni, des divergences de plus en plus grandes apparaissent entre capitales sur l'opportunité de durcir le ton vis-à-vis de Moscou. Le nombre de pays partisans de sanctions économiques semble minoritaire, réunissant la Pologne, les pays baltes et la Suède, alors que l'Italie, la Bulgarie ou Chypre y sont très réticents, selon des sources diplomatiques.

La France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni adoptent des positions médianes.

"Les contrats stratégiques dans l'énergie que Poutine a conclus au fil des ans avec l'Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas ont empêché l'UE de parler et d'agir avec force" face à Moscou, estime Judy Dempsey, de l'institut Carnegie Europe.

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