DIVERTISSEMENT

Aidez Paul van den Boom à réaliser son documentaire

10/05/2014 03:56 EDT | Actualisé 10/05/2014 03:56 EDT
Ismaël Houdassine

Il réalise des documentaires depuis quelques années déjà. Le Montréalais Paul van den Boom a même travaillé comme assistant à la réalisation sur plusieurs productions tel The Aviator de Martin Scorsese. Pour financer son prochain film, il a décidé de passer par le «crowdfunding», terme anglais désignant le financement participatif qui permet d’amasser de l’argent sans passer par les circuits traditionnels.

À ce jour, l’homme de 41 ans originaire des Pays-Bas a réussi à collecter près de 15 000 dollars, une belle somme pour l’aider à réaliser son nouveau documentaire intitulé Direction Unknown. «Je suis arrivé à 40 % de mon objectif, explique-t-il en entrevue. Il me reste encore 20 000 dollars, sinon le projet tombe à l’eau.»

Le site californien Indiegogo où s’est inscrit Van den boom permet depuis quelques années aux cinéastes de chercher de l’argent pour des réalisations indépendantes. Les internautes financent les projets grâce à leurs dons. Mais si la totalité de la somme nécessaire n’est pas atteinte, 35 000 dollars pour Direction Unknown, tout est abandonné, et l’argent remboursé. «Il me reste encore 19 jours pour convaincre les gens que mon documentaire vaut la peine. Je suis confiant, car en général, tout se conclut la dernière semaine», dit-il.

Rien de bien nouveau sous le soleil. Financer une œuvre, c’est toujours la croix et la bannière pour bon nombre d’artistes. Et encore plus difficile lorsqu’ils passent par les circuits parallèles. «Il y a de moins en moins d’argent disponible. Les documentaires n’intéressent plus vraiment la télévision qui préfère investir dans les émissions à rabais ou dans la téléréalité. Et puis, demander des subventions aux institutions publiques nécessite du temps. On n’est jamais certains de la réponse. En attendant un hypothétique oui, qu’est-ce que fais? Je ne veux pas me rouler les pouces.»

Car son documentaire, il voudrait bien le tourner à partir de cet été. À travers le Canada et plusieurs pays d’Europe, le cinéaste avec son sac à dos ira partir sur les routes à la rencontre des gens qui ont choisi à un moment donné de changer radicalement de carrière. «Le thème de Direction Unknown part de ma propre expérience. Depuis mes 15 ans, je suis un vrai passionné de documentaires. Pourtant, ces derniers temps, je me suis demandé si cela en valait vraiment la peine. Si l’on ne peut pas vivre de son propre métier à quoi bon continuer», dit-il.

Lorsqu’il en a parlé à ses amis, le réalisateur a alors réalisé qu’il était loin d’être le seul dans cette situation. «J’ai découvert que mon expérience était partagée par beaucoup de mes proches. Plusieurs m’ont d’ailleurs avoué qu’ils voulaient changer de parcours, qu’ils n’étaient pas heureux dans leur travail, même si leur situation professionnelle pouvait être financièrement plus enviable que la mienne.»

Fini l'emploi à vie

Van den Boom a alors senti qu’il avait là un sujet à exploiter. Au fil de ses recherches, il découvre que le monde du travail est en pleine mutation. «En Occident, les choses sont en train de changer. Qu’on le veuille ou non, l’emploi à vie est sur le point de ne plus exister. Les gens vont devoir vivre avec des changements de carrière à l’horizon. Selon leurs besoins, les entreprises vont de plus en plus demander des employés flexibles capables de travailler par période.»

Et si l’on en croit les statistiques, dans moins de 20 ans, les contractuels concerneront plus de 70 % des travailleurs. «Ce chiffre est énorme! L’impact sur la vie des gens sera imprévisible. L’instabilité et la précarité en matière d’emploi seront la norme, ce qui ne sera pas sans répercussions. Il est difficile de s’acheter une maison ou de fonder une famille quand votre salaire est remis en cause.»

Des perspectives d’avenir peu réconfortantes dont Van den Boom aimerait rendre compte dans son film. «J’ai l’intention de réaliser des entrevues avec des experts, des syndicalistes et des chercheurs afin de comprendre ce qui s’en vient. Par-dessus tout, je veux aller parler à ceux qui vivent déjà cette réalité. Ces hommes et ces femmes ayant vécu des expériences faites de succès ou d’échecs feront du documentaire un témoin des bouleversements de notre époque.»

Pour contribuer au documentaire cliquez ici.

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