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Viols de Minova: nul "n'a le droit de juger" la justice congolaise (Kinshasa)

09/05/2014 09:18 EDT | Actualisé 09/07/2014 05:12 EDT

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a dénié vendredi aux organisations internationales le "droit de juger" la justice congolaise, qui a acquitté lundi la quasi-totalité des soldats congolais accusés dans le procès d'une affaire de viols de masse.

"Nous ne reconnaissons ni à la FIDH [Fédération internationale des droits de l'Homme, NDLR] ni même au Bureau des droits de l'Homme des Nations unies [...] le droit de juger nos juges", a déclaré le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, à l'antenne de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC).

"Personne n'a le droit de juger nos juges", a ajouté M. Mende, "ce n'est pas parce qu'on arrête des personnes [... qu'elles] sont coupables", "la justice ne peut pas condamner des innocents pour faire plaisir aux associations des droits de l'Homme."

Dans un verdict sans appel, un tribunal militaire spécial congolais a acquitté lundi, après plus de cinq mois de procès, la quasi-totalité des soldats accusés des viols massifs commis du 20 au 30 novembre 2012 à Minova, dans l'est de la RDC.

Pendant ces onze jours, selon l'ONU, 135 femmes ou enfants de sexe féminin ont été victimes de viols ou violences sexuelles, et "d'autres violations graves des droits de l'Homme, dont des meurtres et des pillages massifs" ont été "perpétrées par des militaires".

Sur 25 soldats accusés de viol, deux ont été reconnus coupables de ce crime lundi, 22 ont été condamnés pour violations des consignes, pillages ou dissipation de munitions, et un pour meurtre. D'autre part, aucun des quatorze officiers subalternes et supérieurs qui étaient poursuivis pour manquement à leur devoir n'a été condamné.

La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) avait dénoncé ce jugement mercredi comme un exemple de "justice expéditive et bâclée".

Déclarant respecter l'indépendance de la justice congolaise, et estimant que le procès s'était déroulé dans des conditions normales, le chef du Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'Homme en RDC, Scott Campbell, a dit pour sa part que son institution partageait "à 100% la déception des victimes".

M. Mende a jugé que les propos de la FIDH témoignaient d'un "mépris" pour les institutions africaines, et il a invité l'ONU à aider les victimes à "identifier les vrais coupables".

"Ceux qui n'ont pas été attrapés [...] continuent à être cherchés", a-t-il assuré.

mj/sd

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