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Tunisie: les motions de censure contre deux ministres retirées, tollé à l'Assemblée

09/05/2014 05:20 EDT | Actualisé 09/07/2014 05:12 EDT

Les motions de censure contre deux ministres tunisiens accusés de "normalisation" des relations avec Israël ont été retirées vendredi soir, provoquant la stupeur et la colère de plusieurs députés et des invectives dans l'hémicycle.

Les documents déposés fin avril contre la ministre du Tourisme Amel Karboul et le ministre délégué à la Sécurité auprès du ministre de l'Intérieur, Ridha Sfar, affirment que ce dernier a autorisé par écrit l'entrée de touristes israéliens en Tunisie, et que Mme Karboul a accueilli un groupe venu de l'Etat hébreu.

Or en Tunisie, comme dans de nombreux pays arabes, la question des relations avec Israël est très sensible.

"Les deux motions de censure ont été retirées", a annoncé le président de l'Assemblée constituante, Mustapha Ben Jaafar.

"Ce n'était pas notre intention de porter atteinte aux personnes des ministres. Nous avons voulu dire que la normalisation avec Israël était une ligne rouge", a justifié le député centriste Iyed Dahmani, pourtant signataire des motions et ardent défenseur des textes quelques heures auparavant.

L'annonce a été accueillie par des exclamations de surprise et de vifs échanges, plusieurs députés réclamant sans succès de voter sur les motions de censure.

"Ils (les signataires, nldr) ont ramené les ministres, ils nous ont fait perdre une journée, ils se sont fait de la pub. (Nous exigeons) un vote, monsieur le président!", a scandé l'un des députés, tandis qu'un autre les traitait de "lâches".

L'Assemblée a fini par voter sur un communiqué condamnant toute normalisation avec l'Etat hébreu et appelant le gouvernement à s'y conformer.

La ministre du Tourisme avait plus tôt démenti avoir reçu des touristes israéliens tandis que M. Sfar s'était défendu de toute normalisation en précisant n'avoir fait que suivre les procédures en vigueur depuis des années.

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