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Poutine en visite en Crimée pour la première fois depuis son annexion

09/05/2014 07:54 EDT | Actualisé 09/07/2014 05:12 EDT

MARIUPOL, Ukraine - Le président Vladimir Poutine a vanté vendredi le retour de la Crimée au sein de la Russie, à l'occasion de sa première visite dans la péninsule de la mer Noire depuis son annexion.

Sa visite triomphale, devant des dizaines de milliers de personnes, a rapidement été condamnée par l'Ukraine et par l'OTAN.

M. Poutine a salué l'incorporation de la Crimée au sein de la Russie comme étant un «retour à la mère-patrie» et un hommage à «la justice historique et la mémoire de nos ancêtres». La péninsule de deux millions d'habitants faisait partie de l'Ukraine depuis 1954, jusqu'en mars dernier.

Ce voyage triomphal en Crimée fait suite à un spectacle soulignant la victoire des forces russes sur l'Allemagne nazie lors d'un défilé annuel sur la place Rouge à Moscou.

En signe de triomphe, on y a vu défiler une unité de la Flotte de la mer Noire, qui faisait flotter le drapeau de la Crimée sur des véhicules blindés. Environ 11 000 soldats russes ont défilé fièrement sur des airs de marches et de chants patriotiques, suivis par des colonnes de chars et de lance-roquettes. Quelque 70 avions de combat, parmi lesquels des bombardiers géants à capacité nucléaire, ont survolé la place.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a rapidement condamné la visite du président Poutine, estimant qu'elle porte atteinte à la souveraineté de l'Ukraine et au droit international. Le secrétaire-général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, y est allé de propos similaires.

«Nous estimons que l'annexion de la Crimée par la Russie est illégale, illégitime et nous ne la reconnaissons pas, a-t-il déclaré aux journalistes à Tallinn, en Estonie. Nous considérons toujours que la Crimée fait partie du territoire ukrainien et à ma connaissance, les autorités ukrainiennes n'ont pas invité Poutine à visiter la Crimée, donc de ce point de vue sa visite en Crimée est inappropriée.»

Dans son discours, le patron de l'OTAN a accusé la Russie de déstabiliser la sécurité en Europe.

«Mon premier message va à la Russie. Reculez-vous du bord de l'abîme», a-t-il lancé. Il a ensuite assuré l'Estonie — et ses voisines baltes, la Lettonie et la Lithuanie — qu'en tant que membres de l'OTAN, qu'elles peuvent compter sur l'appui «indéfectible» de l'Alliance pour les défendre.

Au moins trois personnes auraient été tuées vendredi lors d'affrontements entre les forces ukrainiennes et les milices prorusses dans la ville orientale de Mariupol, pendant que le commissariat de police de cette ville sur les rives de la mer d'Azov brûlait. Un journaliste de l'Associated Press a vu trois corps, dont celui d'un policier, près du commissariat.

L'administration régionale de Donetsk a indiqué, dans un communiqué repris par l'agence de presse russe RIA Novosti, que les combats ont fait trois morts et 25 blessés.

Le ministre ukrainien de l'Intérieur Arsen Avakov évoque plutôt la mort de 20 «terroristes» et d'un policier. La violence aurait éclaté quand 60 hommes armés ont tenté de s'emparer du commissariat. M. Avakov affirme qu'ils ont été repoussés par la police et l'armée.

Le ministre a lancé que le gouvernement est prêt à négocier avec ceux qui le désirent, tout en promettant d'écraser ceux qui prennent les armes. Il a déclaré qu'il ne laissera pas l'est de l'Ukraine «se transformer en zone tampon où la mort deviendra la norme».

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